Les bouddhistes au Myanmar.

La Birmanie est un pays extrêmement varié, de part ses paysages, sa culture, les ethnies qui composent sa population. Mais aussi du fait des différentes religions qui coexistent dans ce pays d’Europe du Sud-Est.

Au Myanmar, la religion dominante est le bouddhisme. Il est en effet pratiqué par près de 90 % des birmans. Viennent ensuite le christianisme (qui représente 6 % des habitants), l’Islam (4 %) et l’hindouisme (entre 0,2 et 0,5 % des birmans). Quelle que soit la religion des personnes que vous rencontrerez en Birmanie, vous découvrirez rapidement qu’elle est omniprésente dans leur vie quotidienne. En effet la grande majorité des birmans consacrent près d’un tiers de leurs revenus à la conservation des pagodes et l’entretien des prêtres.

Dans l’article d’aujourd’hui, nous vous proposons d’en découvrir un peu plus sur les religions de la Birmanie. Mais aussi sur les branches de chacune d’entre elles, les courants qui les traversent, et les conflits qui ont pu exister ou persistent encore aujourd’hui au Myanmar.

Quelles sont les quatre principales religions en Birmanie ?

Comme nous venons de le voir, la Birmanie abrite 4 religions distinctes : le bouddhisme, le christianisme, l’islam et l’hindouisme. Voici plus d’informations sur chacune de ces pratiques religieuses.

Le bouddhisme

La très grande majorité des birmans sont bouddhistes (plus de 90 % de la population). Et appartiennent plus précisément à la branche Theravada, que l’on appelle également « Le petit véhicule ». Il s’agirait de l’enseignement le plus ancien, et le plus fidèle à la parole de Bouddha.

Contrairement aux autres religions monothéistes, le bouddhisme ne considère pas que Dieu soit créateur de l’humanité. Il s’agit en ceci plus d’une philosophie, qui est basée sur les enseignement de Bouddha, et non d’une doctrine religieuse stricte.

Les différentes religions du Myanmar

Les enseignements de Bouddha se divisent en quatre vérités :

  • la souffrance ;
  • l’origine de la souffrance ;
  • la fin de la souffrance ;
  • le chemin conduisant à la fin de la souffrance.

Bouddha aurait vécu au cinquième siècle avant Jésus Christ en Inde. Sa famille était très opulente, ce qui explique qu’il n’ai eu durant son enfance aucun contact avec ce qui passait en dehors de son palais. Il ne connaissait donc ni le manque, ni la maladie. Il décida pourtant de partir dans une qupete spirituelle afin de comprendre les origines de la pauvreté, et tenter d’y mettre un terme. Une quête qui le poussa à vivre de manière ascétique, entouré de prêtres et de moines.

C’est pendant cette étape de sa vie qu’il connut ce que l’on appelle l’éveil : un moment de clairvoyance incroyable, duquel découle sa profonde sagesse. Et qui lui aurait permis d comprendre que la souffrance que connait l’homme lui est infligé par nul autre que lui-même. Et qu’elle découle principalement de ses actions négatives.

C’est à partir de cette expérience que la pratique méditative est devenue si centrale pour les adeptes du bouddhisme. Elle est selon eux le seul moyen d’atteindre le Nirvana, et de connaître la même expérience d’éveil que Bouddha lui-même. Elle est pratiquée dans les pagodes et monastères, pour lesquels les birmans donnent beaucoup d’argent.

C’est aussi l’unique façon d’échapper à la réincarnation. En effet, les bouddhistes birmans, comme une grande majorité de leurs co-religionnaires d’Asie du Sud Est, croient en la réincarnation, mais aussi au Karma. Selon nos actions, qui ont chacune des causes et conséquences, nous pouvons être réincarnés après notre mort.

Le christianisme

La deuxième religion la plus pratiquée en Birmanie est le christianisme. Elle représente cependant moins de 5 % de la population, et est considérée de ce fait comme une minorité. Les ethnies chrétiennes du Myanmar sont les Shans, les Chin et les Kachins.

Ils seraient arrivés en Birmanie avec les premiers missionnaires venus d’Europe et d’Amérique. Et leur installation correspond donc à une volonté d’évangéliser le pays. C’est surtout au 19e siècle que les conversions ont été les plus importantes, notamment au sein des animistes. Parmi les chrétiens birmans, il faut distinguer les catholiques romains (qui représentent moins de 1 %) et les chrétiens protestants, largement majoritaire.

Quelles sont les religions Birmanie : une majorité de bouddhistes au Myanmar.

Aujourd’hui, les chrétiens sont considérés comme des citoyens de seconde zone et très discriminés par la majorité bouddhiste du pays. D’ailleurs, les enfants qui sont scolarisés dans les écoles publics sont obligés de participer aux rites bouddhistes, qui se tiennent tous les matins avant que la classe ne commence. Les discriminations sont aussi nombreuses lorsqu’ils doivent traiter avec les institutions gouvernementales comme la justice. Et le harcèlement est encore plus fort dans les campagnes. Les Kachin sont, de ce fait, toujours en opposition contre l’armée du Myanmar.

L’islam

L’autre religion minoritaire de la Birmanie est l’Islam. Selon les derniers recensement, près de 4 % de la population du Myanmar serait donc musulmane. Comme les chrétiens, les musulmans sont fortement discriminés par la majorité bouddhistes. On pense bien évidemment aux Rohingyas, une ethnie musulmane qui serait originaire du Bangladesh mais qui s’est installée au Myanmar depuis plusieurs génération.

Aujourd’hui, ils vivent pourtant en grande majorité dans des camps réfugiés et ne sont pas considérés comme des citoyens à part entière par leur propre pays. On peut même parler d’apatrides, puisqu’ils sont privés de la citoyenneté birmane. Cela découle de la volonté birmane et de son gouvernement nationaliste de protéger une identité bouddhiste qui serait en danger de part l’influence étrangère de ses minorités religieuses et ethniques.

Encore une fois, la discrimination est surtout très forte dans les campagnes. Dans les grandes villes comme Yangon, on trouve d’ailleurs de magnifiques mosquées, mais aussi des temples Sikh, des cathédrales et même des synagogues.

L’Hindouisme

La dernière religion présente au Myanmar, même si elle représente moins de 0,5 % de ses habitants est l’hindouisme. Il s’agit très certainement de l’une des plus anciennes religions au monde. Pratiquée principalement par les birmans d’origine indienne, elle trouve néanmoins de nombreux adeptes. La particularité de l’hindouisme est d’être une religion polythéiste (c’est à dire que les hindous croient en plusieurs Dieux), mais aussi à la réincarnation et donc aux vies antérieures.

De nombreux conflits interreligieux en Birmanie ?

Depuis quelques années, le Myanmar est tristement célèbre pour ses conflits inter-religieux. Et les fortes discriminations que subissent les minorités religieuses comme les rohingyas (musulmans) et les chrétiens de Birmanie.

En effet, une partie des habitants du Myanmar souhaiteraient tout bonnement que leur nation soit homogène sur le plan religieux. Une utopie irréaliste qui est particulièrement relayée par certains moines bouddhistes, et en particulier ceux du Ma Ba Tha. Si ce mouvement a été interdit en 2017, suite à la situation catastrophique et fortement médiatisée des rohingyas, il perdure aujourd’hui et son influence et de plus en plus forte.

QUelle est la religion majoritaire au Myanmar ?

Mais les percussions religieuses ne sont pas le seul fait de certains moines extrémistes. Elles ont surtout été longtemps relayées par la junte birmane qui a brûlé de nombreuses églises suite aux conflits armés des Karen et Hacin. Pour autant, ce sont certainement les rohingyas qui sont les premières victimes de cette répression, avec plus de 600 000 déplacés à e jour selon les Nations Unies (contre 100 000 pour les Kachin).

Conflits violents et conversions forcées

Une situation si alarmante qu’elle a d’ailleurs ému le Pape François qui s’est rendu en 2017 en Birmanie. Il a d’ailleurs appelé à une plus grande aide entre chrétiens et musulmans persécutés, sans pour autant pousser les revendications séparatistes d’une partie des rohingyas qui souhaiteraient créer un état séparé.

Une situation difficile à tenir pour le pape qui s’est refusé à employer le terme de Rohingyas, tout en essayant de maintenir très fragile dialogue interreligieux.

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