Presse francophone  
Documents  
Sur Internet  
Livres  



A la Journée de la Terre, le 18 avril 2000.
Discours de Ka Saw Wa, Earth Rights International, sur le gazoduc de Yadana    
Un porte-parole de chaque continent s'est exprimé au nom des populations indigènes pour commenter les exploitations d' hydrocarbures dans leurs pays. Pour l' Asie, c' est la Birmanie qui a été choisie étant donné les impacts négatifs du gazoduc de Yadana. Ceci est extrait du discours de Ka Saw wa à une conférence de presse à Washington DC le 18 avril, en compagnie de Oronto Douglas, chef de la population indigène des Ijaw au Nigeria.

"Il est très important que les peuples indigènes du monde entier puissent en toute solidarité décrire la réalité des exploitations pétrolières, gazières et minières dans leurs pays. Il est aussi important pour moi de pouvoir m'adresser à vous ici. Comme vous le savez, mes compatriotes, en Birmanie, sont condamnés au silence par la dictature militaire. La population birmane ne fête pas la journée de la terre. Bien que la plupart des birmans dépendent aussi pour leur survie d'un environnement sain, ils ne peuvent pas, avec le reste du monde, fêter et protéger cet environnement. C'est interdit par la dictature.

Pour la population birmane, l'appel aux "énergies propres", lancé aujourd' hui, a un double sens. Il signifie que ces énergies ne doivent pas polluer notre terre, notre eau, notre forêt. Mais au pays du gazoduc d'Unocal [et Total] mes compatriotes veulent une autre sorte d'énergie propre. Ils veulent une énergie qui ne soit pas polluée par leur sang, leur sueur, leurs larmes. Une énergie propre serait une énergie qui ne détruirait pas leur vie.

La réalite vécue par les Karens, les Mons, et les Tavoyans qui sont obligés de vivre avec ce gazoduc inclut travail forcé, tortures, viols, meutres, déplacements forcés de population. C' est ce qui s' est passe dans mon pays quand Unocal [et Total] ont charge le SLORC de la sécurité du gazoduc. C' est ce qui continue à se produire aujourd' hui, et au quotidien, dans la zone du gazoduc.

La construction du gazoduc est achevée. Et pourtant le travail forcé et la violence continuent. Et cela continuera tant que les compagnies pétrolieres occidentales comme Unocal et Total chargeront l'armée birmane de protéger leur gazoduc. Si ces compagnies se souciaient réellement de l' environnement et de la population comme elles le prétendent elles quitteraient la Birmanie.

L'énergie propre, pour nous, signifie que les compagnies pétrolières cessent de soutenir la dictature militaire qui nous écrase à chaque instant, qu'elles nous permettent de vivre en paix et librement, sans les gazoducs et la souffrance qu' ils entraînent avec eux."