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Communiqué
de Reporters Sans Frontières
13 février 2002 |
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BIRMANIE
Myo Myint Nyein libéré après douze ans
de prison |
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Après douze ans de détention
- et deux ans avant la fin de sa peine - Myo Myint Nyein, journaliste
et militant politique birman, a été libéré,
le 13 février 2002, de la prison de Tharrawaddy (cent kilomètres
au nord de Rangoon). Sa famille, jointe par Reporters sans frontières
a confirmé la libération de Myo Myint Nyein et a précisé
que le journaliste devrait pouvoir regagner son domicile dans la soirée.
Transféré à Rangoon, il était encore interrogé
par la police militaire (MIS).
Myo Myint Nyein était détenu, depuis septembre 1997,
à la prison de Tharrrawaddy, après avoir passé
six ans dans la prison d'Insein
(Rangoon). Il avait été condamné, le 19 novembre
1990, à sept ans de prison pour avoir publié, dans le
magazine Yin-Kyae-Hmu (Culturel) qu'il dirigeait, un poème
critique à l'égard de l'armée birmane. Le 28
mars 1996, il avait à nouveau été condamné,
à l'issue d'un procès inique, à sept années
de prison supplémentaires pour avoir participé à
la rédaction d'un document, adressé au rapporteur des
Nations unies pour la Birmanie, contenant des informations sur les
conditions de détention et les mauvais traitements infligés
aux détenus de la prison d'Insein.
Cette libération, et celle de quatre autres prisonniers politiques,
intervient au cours de la visite en Birmanie de Paulo Sergio Pinheiro,
rapporteur spécial des Nations unies sur le Myanmar. Le rapporteur
avait récemment demandé la libération de Myo
Myint Nyein.
Reporters sans frontières (RSF) et la Burma Media Association
(BMA, organisation de journalistes birmans en exil) se félicitent
de la
libération du journaliste, mais regrettent que les autorités
aient attendu aussi longtemps avant de prendre cette décision
alors que la santé physique et mentale de Myo Myint Nyein s'était
gravement détériorée.
Depuis plusieurs années, RSF et BMA, ainsi que les médias
parrains et des milliers de personnes qui ont signé des pétitions
demandant sa libération, se mobilisent en faveur de Myo Myint
Nyein. Les deux organisations avaient notamment soutenu la candidature
du journaliste au prix de la fondation Canadian Journalists for Free
Expression qui lui a été décerné en 2001.
RSF et BMA souhaitaient ainsi dénoncer l'attitude des autorités
birmanes à l'encontre de Myo Myint Nyein. En effet, Myo Myint
Nyein n1a jamais pu bénéficier des traitements adéquats
pour soigner les maladies dont il a souffert au cours de ces années
passées dans une cellule insalubre : troubles mentaux et intestinaux
aigus. Le journaliste avait notamment été détenu
pendant plusieurs mois dans un chenil de la prison d'Insein. "Les
cellules d1isolement, les interrogatoires et les maladies non soignées
ont eu raison de Myo Myint Nyein qui était un homme vigoureux.
Fils d1un boxeur birman réputé et sportif lui-même,
il avait un physique à toute épreuve", selon un
ancien compagnon de cellule du journaliste.
A la connaissance de RSF, au moins dix-sept professionnels des médias
sont toujours détenus en Birmanie. L1organisation est notamment
très inquiète du sort du journaliste Sein Hla Oo dont
la peine s'est achevée en août 2001 mais qui n'a toujours
pas été libéré. Par ailleurs, le journaliste
et responsable de la LND, Win Tin, détenu à Insein depuis
le 4 juillet 1989, est également très affaibli par de
nombreuses maladies.--
Vincent Brossel
Asia - Pacific Desk
Reporters Sans Frontières
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