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| Compte
rendu de la séance de la commission affaires étrangères
de la Chambre des représentants du 02 mai 2000 |
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Situation
en Birmanie |
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Question de
Mme Muriel Gerkens au vice-premier ministre et ministre des Affaires
étrangères sur "la Birmanie" (n° 1630).
Mme Muriel Gerkens (Ecolo-Agalev):
Le 13 avril, vous avez rencontré le docteur Sein Win, premier ministre
birman en exil. Je vous en remercie. Quelles sont les pistes d'action
pouvant résulter de cet entretien, tant au niveau belge qu'au niveau
européen?
M. Louis Michel, vice-premier ministre (en français):
La position belge défendue au Conseil des Affaires générales des 10
et 11 avril s'est articulée autour de deux axes: le renforcement des
sanctions à l'égard des militaires au pouvoir en Birmanie et la reprise
du dialogue au niveau ministériel entre les Quinze de l'Union européenne
et les Dix de l'Association des pays du Sud-est asiatique (Asean).
Les Quinze se sont mis d'accord afin de renforcer les sanctions. Le
point de vue de la Belgique a donc été suivi.
La position commune des Européens prévoit, en fait, trois types de
sanctions. Il y a, d'abord, l'embargo sur l'exportation du matériel
de police et de tout équipement pouvant servir à la répression. Il
y a, ensuite, l'élargissement de la liste des personnes interdites
de visa pour l'étranger, comme les militaires et leur famille. Une
exception pourra être accordée à la délivrance de visas, chaque fois
que des intérêts de l'Union le nécessitent, par exemple si des réunions
ministérielles avec les dix pays de l'Asean doivent se tenir en Europe.
Il y a, enfin, le gel des avoirs à l'étranger des personnes figurant
sur la liste des "interdits de visa".
Par ailleurs, les Quinze souhaitent augmenter l'aide humanitaire,
mais à condition que l'acheminement en soit contrôlé et que l'aide
parvienne réellement à ceux qui en ont besoin.
La reprise du dialogue ministériel entre l'Union européenne et l'Asean
constitue le deuxième axe de la position belge. Existant depuis trente
ans, ce dialogue a été interrompu, il y a trois anset demi, à cause
du dossier birman. La Belgique estime qu'il ne faut pas pénaliser
les autres pays de l'Asean, en bloquant les discussions sur des dossiers
essentiels pour eux, mais, au contraire, reprendre le dialogue pour
dire à la junte birmane ce que nous pensons.
Les Quinze sont d'accord de reprendre les sommets ministériels Union
européenne-Asean. Le premier aura lieu d'ici la fin de l'année.
Comme je vous l'ai déclaré en séance plénière, j'ai reçu le docteur
Sein Win, premier ministre birman en exil, le 13 avril dernier. Je
lui ai exposé la position commune que venaient de prendre les Quinze
et lui ai exprimé mon soutien et celui de la Belgique à l'égard des
démocrates birmans.
Mon parti avait d'ailleurs décerné, avec les libéraux européens, le
Prix Sakharov de la Liberté au leader de l'opposition birmane, Mme
Anne Sanne Sou Chi, en 1990, un an avant qu'elle ne reçoive le Prix
Nobel de la Paix.
Le docteur Win m'a demandé de l'aider à obtenir des visas pour les
membres de l'opposition birmane, afin qu'ils puissent participeraux
stages de gestion publique et de formation à la démocratie organisés
à Bruxelles.
J'ai immédiatement donné instruction en ce sens à mes services ainsi
qu'à mon collègue de l'Intérieur, M. Antoine Duquesne.
Mme Muriel Gerkens (Ecolo-Agalev):
Je vous remercie de votre réponse. La reprise du dialogue avec l'Asean
me semble importante. M. Sein Win, que nous avons rencontré à la Chambre
et au Sénat, considérait que cette initiative était importante pour
montrer aux partenaires de l'Asean la spécificité du régime birman
et la réaction des Européens à l'égard de la junte birmane. Nous verrons
quelles mesures prendre au niveau parlementaire et vous en informerons
afin de nous accorder.
Le président: L'incident est clos.
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