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| Paris,
le 17 mai 2002 |
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TotalFinaELf
dans le collimateur de la justice belge
La FIDH et la LDH (Belgique francophone)
soutiennent la plainte contre Total pour complicité de
crimes contre l'humanité |
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Le 25 avril dernier, une plainte a été
déposée en Belgique par quatre victimes birmanes soutenues
par Action-Birmanie contre la société TotalFinaElf,
pour complicité de crimes contre l'humanité sur le fondement
de la loi belge dite de compétence universelle. L'actuel PDG
de TotalFinaElf Thierry DESMARET et le Directeur de Total Myanmar
Exploration Production pour la période de 1992 à 1999,
Monsieur Hervé MADEO sont également visés dans
la plainte pour complicité de crimes contre l'humanité.
La Fédération internationale des ligues des droits de
l'Homme (FIDH) et son organisation membre en Belgique francophone
la Ligue des droits de l'Homme (LDH) soutiennent entièrement
la démarche des victimes birmanes.
La FIDH et la LDH contestent formellement les arguments présentés
par TotalFinaElf dans son communiqué en date du 8 mai 2002
: Il est clair que l'entreprise se contente de jouer sur les mots
pour, une fois de plus, éviter d'aborder la question de sa
responsabilité dans les violations des droits de l'Homme commises
du fait de son chantier en Birmanie.
1. TotalFinaElf estime qu'il est "inimaginable qu'une entreprise
telle que TFE puisse avoir recours au travail forcé".
La FIDH et la LDH tiennent à rappeler que les accusations à
l'encontre du groupe n'ont jamais porté sur l'utilisation directe
de travail forcé
par l'entreprise et ses employés. Il est en revanche établi
que TFE a en toute connaissance de cause bénéficié
du travail forcé pratiqué par l'armée birmane
dans les alentours du chantier, et du fait du chantier l'armée
ayant été requise par TFE pour garantir la sécurité
du projet. Il est avéré que le gazoduc de TFE a occasionné
et occasionne encore des violations massives des droits de l'Homme.
La FIDH et la LDH rappellent que c'est là un fait reconnu par
toutes les instances (nationales ou internationales, gouvernementales,
intergouvernementales et non-gouvernementales) ayant eu à travailler
sur la question.
La FIDH et la LDH s'étonnent d'autant plus des dénégations
de TFE que ses dirigeants, ainsi que ceux d'Unocal, partenaire américain
de TFE en Birmanie, ont déjà à de multiples reprises
reconnu publiquement l'existence de violations de droits de l'Homme,
et notamment de travail forcé, dues au projet. Il est dès
lors pour le moins surprenant que TFE estime devoir être exonéré
de toute responsabilité dans des exactions dont les dirigeants
du groupe eux-mêmes reconnaissent qu'elles sont liées
au chantier.
2. La FIDH et la LDH contestent par ailleurs le propos de TFE selon
lequel le groupe n'aurait "jamais apporté aux forces armées
du Myanmar soutien logistique".
De nombreux témoignages, notamment de déserteurs de
l'armée birmane ainsi que d'employés de TFE, démontrent
que TFE a à plusieurs reprises fourni un soutien logistique
à l'armée dans la région, en particulier lors
d'opérations militaires de grande ampleur. Ce soutien a notamment
pris la forme de prêts d'hélicoptères. Des documents
récemment parus dans la presse confirment, s'il en était
besoin, ce fait.
3. Enfin, la FIDH et la LDH estiment parfaitement hypocrite de prétendre
n'avoir jamais "apporté de rémunération"
aux forces armées birmanes.
De fait, TFE apporte, par le biais de ce projet de plus d'1,2 milliards
de dollars, un soutien économique inestimable à une
junte exsangue
financièrement " et dont il faut rappeler que l'essentiel
des dépenses est consacré à l'achat d'armements.
C'est d'ailleurs exactement la
raison pour laquelle Aung San Suu Kyi a appelé TFE à
cesser de soutenir la junte au pouvoir et à geler ses investissements
en Birmanie.La FIDH et la LDH réitèrent avec force leur
condamnation totale du projet de TFE en Birmanie, qui ne bénéficie
en aucune façon aux populations locales, et qui revient à
accorder un soutien moral, politique, financier et militaire à
un régime illégal, illégitime et condamné
internationalement pour l'ampleur des violations des droits de l'Homme
commises sur son territoire.
La FIDH et la LDH constatent que les démentis de TotalFinaElf
ne constituent en aucune façon une réfutation des accusations
portées contre le groupe ; et regrettent que cette seconde
plainte déposée contre TFE pour son projet en Birmanie
(après la plainte déposée aux Etats-Unis) n'ait
manifestement pas été l'occasion pour le groupe d'assumer
finalement sa responsabilité dans les violations de droits
de l'Homme commises du fait de la réalisation de ce projet.
Enfin, elles appellent la communauté internationale à
ne pas relâcher sa vigilance et ses pressions sur la junte birmane
en vue de l'instauration en Birmanie d'un véritable Etat de
droit.
Contacts presse :
* Anne Christine Habbard, Secrétaire général
de la FIDH : +33 6 03 86 92 70
* Dan Van Raemdonck , Président de la Ligue des droits de l'Homme,
Belgique francophone : +32 2 209 62 80 |
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