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Extraits de la Présentation du rapport d'information.
Débats en commission annexe au rapport
Extraits choisis par Michel Diricq
Extraits du Rapport de la Commission Parlementaire Française en Birmanie    
page 9
"La mission a estimé opaque la façon dont les autorités françaises ont decidé d'accorder la garantie de la Coface à l'investissement de Total en Birmanie... La mission n'a pu determiner clairement quels avaient été les processus de décision, n'ayant pas pu obtenir des télégrammes diplomatiques à ce sujet. Rappelant que les compagnies Total et Unocal avaient été accusées de complicité de travail forcé en Birmanie lors de la construction du gazoduc de Yadana, Mme Marie-Helene Aubert a indiqué que la mission estimait inopportun l'investissement de Total dans un tel pays".

page 11
"Reconnaissant que le travail avait été fait avec passion, M. Jacques Myard (R.P.R) a souligné que, pour qualifier ce rapport, il hésitait entre "l'angélisme enfant de coeur" et le "gauchisme primaire". C'est l'enjeu du pouvoir au niveau mondial qui est au coeur du sujet. Le grand défi des pays industrialisés a toujours été la securité des approvisionnements. Comme le monde est inégal, certains dysfonctionnements sont apparus qui peuvent heurter notre éthique s'agissant de la dignité humaine et de la non-ingérence. Mais c'est la toute la réalite du monde..."

"M. Hervé de Charrette (U.D.F, ancien Ministre des Affaires étrangères du gouvernement Juppé) a precisé que l'accord de M. Roland Blum sur le rapport ne devait pas laisser à penser qu'il était consensuel et a fait part de trois points qui le préoccupent". (note: M. Blum, l'un des trois députés de la mission d'information, a signé le rapport final, mais n'était pas présent lors de la conférence de presse: on peut se demander s'il n'a pas été désavoué par son parti politique)

"Il a tout d'abord déclaré ne pas souscrire à la vision unilatérale et non objective de la réalite contenue dans ce rapport. Il n'y a pas d'un coté les bons qui seraient les ONG et les populations locales, et de l'autre les mauvais qui seraient les pétroliers et les gouvernements des pays producteurs. Il a ensuite regretté une méconnaissance des grands intérêts stratégiques qui dans le monde conditionnent notre puissance économique et politique et auxquels on ne peut rester indifférent. Enfin, il a deploré que ce rapport debouchât sur une vision globalement négative pour les intérêts français. La question de la présence française en Birmanie et celle de l'oléoduc Tchad-Cameroun en font partie. La France a raison d'être présente en Birmanie même si tout n'y est pas parfait car le poids de nos intérêts est considérable d'autant que la compétition avec les Etats-Unis est sévère et que ceux-ci utilisent la morale au service de leurs intérêts. Même si certaines propositions faites par la mission peuvent recueillir un accord général, il n'en est pas de même pour la tonalité d'ensemble du rapport."...

"M. Georges Hage a souhaité émettre une critique qu'il a qualifiée de marxiste au sens où les intérêts des grandes entreprises sont identifiés aux intérêts nationaux." ... La Commission a autorisé la publication du rapport d'information.
Extraits du Rapport non définitif de la Mission d'information de la Commission des Affaires Etrangères de l'Assemblée Nationale sur Le rôle des compagnies pétrolières dans la politique internationale et son impact social et environnemental  
Page 81
"La controverse sur la présence d'entreprises étrangeres en Birmanie est liée au caractère particulièrement sauvage de la dictature birmane"

Page 85 et 86
M. Thierry Desmarest, PDG de Total, "Les possibilités de pression de Total sur le gouvernement birman sont extrêmement faibles car la compagnie a pris l'engagement dans le contrat qu'elle a signé avec la MOGE de ne pas interférer dans les problèmes de politique intérieure. Généralement, Total agit toujours de la sorte. Ce n'est pas parce qu'une entreprise investit qu'elle dispose de moyens de pression sur un régime. Il ne lui appartient pas d'agir dans ce sens, car elle supprimerait les limites entre activite politique et activité économique. La sphère d'action d'une entreprise se situe dans le domaine économique et social, elle n'a pas ˆ devenir un acteur de la politique intérieure des pays où elle est implantée. En revanche, dans son secteur, une compagnie pétroliere doit avoir une attitude exemplaire vis-a-vis de ses sous-traitants et du personnel qu'elle emploie".

Page 91
"M. Bernard du Chaffaut (actuel ambassadeur de France en Birmanie) a exprimé dans "La Lettre Birmane" du 31 juillet 1999 (publiée par l'Ambassade de France a Rangoon) une position différente (de son prédécesseur): "...Je compte bien m'employer à aider les entreprises françaises, si besoin est, à développer leurs implantations dans ce pays, au potentiel culturel et humain presque intact". ... "En 1994 le risque pris par Total en Birmanie a été couvert par la Coface dans des conditions difficiles"... "Cette décision lourde de conséquence apparaît inopportune au regard des normes éthiques élémentaires que viole systématiquement la Junte birmane depuis son arrivée au pouvoir en 1988. En 1994, il était en effet possible de prévoir que des accusations de collusion et de complicité avec la Junte birmane pourraient être portées contre Total."

Page 100
"La mission juge que le lien entre la présence militaire, les exactions contre les populations et les travaux forcés est avéré. Total ne pouvait l'ignorer."

Page 101
"Il apparaît factice de séparer la construction du gazoduc qui nécessitait l'embauche d'une main d'Ïuvre qualifiée et des moyens techniques considérables, des mesures prises par le régime birman pour assurer sa sécurité. Or ce sont les mesures de sécurité qui ont généré du travail forcé et des déplacements de populations dans la zone." "La mission estime que Total et Unocal n'ont pas volontairement utilisé le travail forcé pour la construction du gazoduc mais en ont directement béneficié en raison de la militarisation de la zone. Pour cette raison, la délégation n'est pas favorable à l'implantation de Total en Birmanie. Elle s'interroge sur le devenir économique d'un projet critique en Thaïlande pour son impact écologique néfaste."

Page 102
"La mission d'information avait mis une condition explicite à sa visite en Birmanie: rencontrer Mme Aung San Suu Kyi et lui témoigner le soutien des députes français pour son combat. Grâce aux efforts du ministère des affaires étrangères et de l'Ambassade de France, elle a pu s'entretenir avec elle".

page 106
"Ce ne sont pas les propos tenus par M. U Win Aung ministre birman des Affaires étrangères, -présenté comme une personnalite liberale et ouverteÐ qui ont pu rassurer la mission sur les chances d'instaurer rapidement un régime démocratique en Birmanie..." "Il a insisteé sur l'absence de violations des droits de l'Homme en Birmanie... Il a évoqué la nécessité de reconstruire un pays ruiné par la révolution de 1988 et les risques de divisions du pays par les mouvements ethniques, mais a nie l'existence du travail forcé. "Si vous vous déplacez en Birmanie, vous constaterez que les gens sont heureux et qu'il n'y a pas de violation des droits de l'homme. C'est de leur plein gré que les Birmans travaillent à la reconstruction du pays." ... "Le pays n'est pas mûr pour la démocratie, car notre peuple est simple. Une constitution est en cours d'élaboration mais pourquoi se presser? Des élections peuvent avoir lieu dans un an ou 200 ans..."

Page 107
"La situation n'évolue donc pas, la présence d'entreprises étrangères dans un tel contexte est loin d'être souhaitable tant pour l'avenir de la démocratie birmane que pour leur image. La présence du quatrième pétrolier mondial en Birmanie est actuellement dommageable pour l'image de la France comme pour celle de ce groupe dans le monde. Sa taille accroît sa visibilité et sa vulnerabilité aux opérations de boycott. Il serait opportun qu'un tel investissement soit figé d'autant que la centrale de Rachaburi en Thaïlande ne fonctionne toujours pas."

Page 127
"Si l'on en croit M. Thierry Desmarest: "Le dialogue avec certaines ONG est aisé. Il est difficile avec celles qui pratiquent la désinformation et refusent de reconnaître des éléments purement factuels. Amnesty International travaille de maniere efficace en cherchant les moyens de mobiliser les entreprises, en tenant compte des possibilites réelles d'action de chacun, en revanche avec certaines autres ONG, le dialogue est moins constructif."