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| Communiqué
de presse d'Actions Birmanie (le 27 août 2000) |
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BFA
- TOTALFINA |
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Actions Birmanie a appris fin de la
semaine dernière que le Bureau fédéral d'achat (BFA) a passé contrat
d'approvisionnement pour trois ans avec TotalFina. Cette entreprise
a été sélectionnée dans le cadre d'une procédure relative au marché
public des cartes d'essence que pourront utiliser les administrations
et les cabinets fédéraux belges pour s'approvisionner à coût réduit.
Actions Birmanie, qui depuis plus d'un an appelle les citoyens à boycotter
TotalFina en relais à l'appel des démocrates birmans et de leur leader
Aung San Suu Kyi, prix Nobel de la paix, dénonce ce contrat comme
tout à fait illégitime, même s'il respecte formellement les règles
prévues pour la passation de marchés publics.
Et ce d'autant plus que :
1) Le 4 février 1999, la Chambre des représentants a adopté une résolution
sur la Birmanie demandant au Gouvernement belge "d'insister auprès
des entreprises et des voyagistes belges pour qu'ils respectent l'appel
de la majorité légalement élue (NLD) demandant de rompre tous liens
en matière de commerce, d'investissements et de tourisme" et "d'insister,
au sein du Conseil des ministres européen, pour que les sanctions
actuelles infligées au régime militaire de Birmanie (Myanmar) soient
maintenues et pour que de nouvelles sanctions soient prises
"
2) Le 25 mai 2000, le Sénat a voté une résolution sur la violation
des droits de l'homme en Birmanie déposée par M. le sénateur Philippe
Mahoux, membre des Elus pour la Birmanie. Cette résolution insiste
une nouvelle fois auprès du Gouvernement belge pour que le Conseil
des Ministres européens, seul compétent en la matière, réponde positivement
à la demande des démocrates birmans.
3) Interpellé le 29 juin dernier en séance plénière du Sénat belge
par le Sénateur Georges Dallemagne, membre de l'Association des élus
pour la Birmanie, le Ministre Belge des Affaires étrangères, Louis
Michel a fait répondre qu'il avait "fait part à l'actuelle direction
du Groupe pétrolier de ses plus vives inquiétudes et de sa désapprobation
à l'égard d'une politique exclusivement commerciale qui ne tient pas
compte des exigences démocratiques les plus élémentaires".
4) Le 14 juin 2000, l'O.I.T., faisant état des 600.000 travailleurs
forcés que compte la Birmanie, avait précédemment appelé ses membres,
à savoir des états mais aussi des organisations de travailleurs
et
des employeurs (dont Total-Fina) à "examiner leurs relations avec
le Myanmar (Birmanie) et à prendre les mesures appropriées afin que
ces relations ne puissent être mises à profit par ce pays pour perpétuer
ou développer le système de travail forcé ou obligatoire", si celui-ci
n'est pas éradiqué en Birmanie d'ici au 30 novembre 2000.
Les résolutions internationales, européennes, nationales
s'accumulent,
ciblant de plus en plus précisément les soutiens à la dictature birmane
que sont les entreprises qui ont décidé de rester au "Myanmar", au
premier rang desquelles TotalFinaElf. Depuis cinq jours, le blocus
dont est victime Aung San Suu Kyi en route pour rencontrer ses partisans
vient tragiquement nous rappeler qu'il est plus que temps d'agir concrètement.
Cette entrave à la liberté de Aung San Suu Kyi a d'ailleurs été dénoncée
dès vendredi par le Ministre belge des Affaires étrangères Louis Michel
ainsi que par l'Union européenne, les Etats-Unis et de nombreuses
organisations, craignant pour la santé de la leader birmane.
Vu ce double contexte (le contrat du BFA et la situation d'Aung San
Suu Kyi),
1) nous appelons l'ensemble des ministres de tous les niveaux de pouvoir
à refuser que leur cabinet consomme l'essence produite par TotalFina,
complice des violations des droits de l'homme ayant cours chaque jour
en Birmanie. Chaque cabinet a en effet le droit de passer une adjudication
restreinte pour sa consommation de carburant. Nous appelons également
les responsables gouvernementaux à étudier les possibilités techniques
de résiliation de ce contrat.
2) Nous nous réjouissons de la prise de position claire des Ministres
et Secrétaires d'Etat fédéraux Ecolo et Agalev à cet égard.
3) Nous nous réjouissons également de la réaction rapide de Louis
Michel soutenant Aung San Suu Kyi et n'en attendons pas moins de sa
part dans le cadre de ce contrat passé par le BFA, en cohérence avec
ses propres déclarations du 29 juin dernier.
4) Nous appelons enfin l'ensemble des parlementaires de la Chambre,
du Sénat et du Parlement de la Communauté française Wallonie-Bruxelles,
qui ont voté les résolutions sur la Birmanie à l'unanimité, à interpeller
les Gouvernements concernés et leurs présidents de partis afin de
faire respecter les prises de position de leurs assemblées dans toute
leur cohérence.
C'est-à-dire :
- ne pas consommer de produits TotalFina
- et faire en sorte que le Conseil des Ministres européens renforcent
les sanctions économiques vis-à-vis de la junte, conformément aux
demandes répétées des démocrates birmans; en utilisant notamment le
poids qui sera celui de la Belgique lors de notre prochaine présidence
de l'Union européenne.
Actions Birmanie
Contacts : Grégor Chapelle (02/2302161), Michel Genet (02/3324294)
et Donat Carler (02/6403107) |
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