Presse francophone  
Documents  
Sur Internet  
Livres  



Lundi 6 mai 2002
Communiqué de presse d'Actions Birmanie
Birmanie : Aung San Suu Kyi libérée grâce à la pression internationale. Une étape importante vers la démocratie… si cette pression continue !    
Actions Birmanie se réjouit de la libération ce matin 6 mai 2002, d’Aung San Suu Kyi, Prix Nobel de la Paix et leader de la Ligue Nationale pour la Démocratie, assignée à résidence depuis dix-huit mois par la junte militaire birmane. Cette étape pourrait bien être essentielle, si…

1. Cette libération inconditionnelle est une première étape significative (si cette libération est bien inconditionnelle) dans le processus de dialogue que les autorités militaires et la leader des démocrates birmans ont entamé à l’automne 2000. Cette libération est le résultat direct des efforts constants des groupes agissant à travers le monde pour la promotion de la démocratie et la défense des droits de l’homme : ceux-ci mettent depuis des années la pression sur la junte birmane pour qu’elle relâche cette championne de la démocratie et son peuple.

2. Cette libération, si elle est une étape essentielle, n’est qu’une étape ! Actions Birmanie, relayant en Belgique les appels des leaders birmans démocratiquement élus (assignés à résidence ou en exil), a toujours appelé au respect par la junte militaire de trois conditions de base :
- Aung San Suu Kyi et chacun des 1500 prisonniers politiques (estimation d’Amnesty International) doivent être immédiatement et inconditionnellement libérés.
- Les autorités militaires birmanes doivent stopper toutes les violations des droits de l’homme envers le peuple birman, y compris l’usage systématique du travail forcé.
- Les autorités militaires birmanes doivent accepter de démarrer des négociations tri-partites pour une restauration complète de la démocratie : le dialogue doit inclure la Ligue Nationale pour la Démocratie et des représentants des minorités ethniques de Birmanie.
A cet égard il est urgent que les autorités restaurent cessent les arrestations (en particulier dans le monde académique et journalistique). Qu’elles s’assurent que leur armée cesse de commettre des crimes de guerre dans les zones ethniques et qu’elles mettent en œuvre tous les moyens pacifiques nécessaires a la réconciliation nationale

3. Tant que ces étapes ne sont pas acceptées par le gouvernement militaire, il est impératif que la pression internationale continue. C’est précisément cette pression qui a rendu la libération d’Aung San Suu Kyi possible ! La restauration complète de la démocratie et le respect des droits humains en Birmanie ne sera possible que si une pression forte et constante de la part de la communauté internationale continue. Sinon, cette libération ne sera qu’une libération de plus d’Aung San Suu Kyi (après celle de 1994) et sera un détour et non une étape vers la démocratie.
Nos pays devraient en conséquence être fiers du résultat des pressions qu’ils ont exercé et même réfléchir au potentiel, encore plus grand, des sanctions commerciales appelées par Aung San Suu Kyi mais jamais mises en œuvre en Europe.

4. Actions Birmanie souhaite remercier toutes les personnes, institutions et groupes qui ont participé en Belgique à mettre la pression sur les autorités militaires birmanes ou leurs soutiens. Nous pensons au Ministre des Affaires Etrangères Louis Michel (qui a reçu plusieurs fois les représentants du gouvernement en exil) ; à la CSC, aux FUNDP, à la ville d’Ottignies-LLN, aux cabinets ministériels et à tous les citoyens qui ont décidé de boycotter Total-Fina-Elf, le premier soutien de la junte selon Aung San Suu Kyi. Nous félicitons la récente décision de la caisse du Sénat belge, qui vient de céder l'ensemble des ses actions Total-Fina-Elf (4 millions d'euros) : cette décision permet au Sénat d’être cohérent avec la résolution qu’il avait adoptée suite à une proposition de membres de l’Association des Elus pour la Birmanie, élus qui ont soutenu sans relâche les démocrates birmans depuis 1999. Nous remercions finalement la Campagne Vêtements Propres, dont les actions belges et européennes ont permis le retrait de Triumph de Birmanie.

5. Seule Aung San Suu Kyi a, à nos yeux, la légitimité nécessaire pour appeler nos pays à stopper la pression qu’elle a elle-même demandé. Actions Birmanie continuera donc à maintenir, par tous les moyens démocratiques et non-violents, la pression sur la junte birmane et ses soutiens.

Infos : Pour Actions Birmanie :
Michel Genet 0478/39 39 66 - Gaëtan Vanloqueren 010/45.22.59 - gaetan.vanloqueren@advalvas.be
Site d’Actions Birmanie : www.birmanie.net
Dépêches récentes: http:// search. yahoo .fr/search/news_ fr?p=Birmanie

(pour info FUNDP : Dominique Annet : 081/72.50.33)