© (2003) Icra International
       
  Ils sont nés dans la pauvreté. Ils ont grandi avec la peur et attendent aujourd'hui un bien fragile avenir. Mais où se trouve la paix ?
Lorsque je peins, je me souviens toujours ma propre situation Ma mère était très pauvre. Elle ne pouvait pas nous envoyer à l'école. Nous vivions dans une zone où les attaques entre les karens et les Birmans étaient fréquentes. La peur nous étreignait de façon constante.
La photo qui m'a inspiré cette peinture a été prise à Mae La Po Hta, un camp pour les personnes déplacées situé coté Birman très proche de la frontière avec la Thaïlande. Les gens qui y vivent ont fui leurs villages d'origine, généralement parce que l'armée birmane avait brûlé leurs maisons, leurs champs ou parce qu'elle arrivait dans les villages pour prendre les hommes et les femmes qu'ils utilisaient ensuite au travail forcé notamment comme porteurs.
La peur de la mort, des kidnappings, de la violence quotidienne ont poussé ces familles à abandonner tout ce qu'elles avaient pour cette vie extrêmement précaire. Des feuillages pour toits, pas de murs. Le camp de Mae La Po Hta a lui même été brûlé à plusieurs reprises par l'armée birmane, pratiquement tous les ans. A chaque fois la population du camp s'enfuyait à l'abri des frontières thaïlandaises pour une courte période et revenait ensuite dans le camps pour y reconstruire leurs abris précaires.