Ils
sont nés dans la pauvreté. Ils ont grandi
avec la peur et attendent aujourd'hui un bien fragile
avenir. Mais où se trouve la paix ?
Lorsque je peins, je me souviens toujours ma propre
situation Ma mère était très pauvre.
Elle ne pouvait pas nous envoyer à l'école.
Nous vivions dans une zone où les attaques entre
les karens et les Birmans étaient fréquentes.
La peur nous étreignait de façon constante.
La photo qui m'a inspiré cette peinture a été
prise à Mae La Po Hta, un camp pour les personnes
déplacées situé coté Birman
très proche de la frontière avec la Thaïlande.
Les gens qui y vivent ont fui leurs villages d'origine,
généralement parce que l'armée
birmane avait brûlé leurs maisons, leurs
champs ou parce qu'elle arrivait dans les villages pour
prendre les hommes et les femmes qu'ils utilisaient
ensuite au travail forcé notamment comme porteurs.
La peur de la mort, des kidnappings, de la violence
quotidienne ont poussé ces familles à
abandonner tout ce qu'elles avaient pour cette vie extrêmement
précaire. Des feuillages pour toits, pas de murs.
Le camp de Mae La Po Hta a lui même été
brûlé à plusieurs reprises par l'armée
birmane, pratiquement tous les ans. A chaque fois la
population du camp s'enfuyait à l'abri des frontières
thaïlandaises pour une courte période et
revenait ensuite dans le camps pour y reconstruire leurs
abris précaires.