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Au premier abord, ce pays semble merveilleux.
La Birmanie a en effet beaucoup d'atouts pour plaire aux touristes.
Elle possède les plus beaux temples d'Asie et des sites fabuleux
tels que Pagan aux mille et une pagodes ou encore le paisible lac
Inle. De plus la population est haute en couleur et d'une gentillesse
exceptionnelle. Enfin cette ancienne colonie anglaise s'est dotée
d'une infrastructure touristique de luxe.
Mais, pour peu qu'on tende l'oreille et qu'on ouvre les yeux, on
se rend compte que ces merveilles cachent une des pires dictatures
du monde qui bafoue systématiquement les droits fondamentaux
de l'homme.
Avant de partir faire du tourisme en Birmanie
il faut savoir que :
- Aung San Suu Kyi, prix Nobel de la paix en 1991, leader
de l'opposition birmane en résidence surveillée à
Rangoon et privée de tous ses droits, a demandé
que les touristes ne viennent pas pour l'instant en Birmanie.
- les infrastructures touristiques (les grands routes, les
parterres de fleurs, les hôtels,
) ont souvent été
réalisées par des travaux forcés. Ce travail
obligatoire et non rémunéré est très
répandu en Birmanie et souvent lié au développement
du tourisme. On estime que plus d'un million de birmans ont du travailler
pendant des semaines ou des mois depuis que la junte a décidé
d'ouvrir le pays au tourisme. Ces travailleurs composés d'un
quart d'enfants, doivent payer leurs déplacements, leur nourriture
et ils dorment bien souvent à même le sol sur le chantier.
- afin d'élargir des routes et de donner une image "propre"
aux sites touristiques, des villages et des quartiers entiers
ont été déplacés de force sans aucun
dédommagement.
- tout est surveillé selon le vieux système
fasciste: par groupe de dix maisons, il existe un chef d'îlot chargé
de surveiller ses voisins et de rendre compte à un indicateur
gérant un groupe de cent maisons, lui-même chargé
de faire rapport au responsable de 1000 maisons, et ainsi de suite.
Tout est fliqué, surveillé, les gens ne peuvent pas
passer une nuit hors de chez eux sans en avertir le chef d'îlot
qui travaille pour la police.
- la Birmanie est le premier producteur mondial d'opium,
avec une production qui a doublé en 10 ans. L'investissement
dans les infrastructures touristiques et leur exploitation permettent
le blanchiment d'une partie de l'argent de la drogue. En effet au
niveau de l'état, cet investissement permet de présenter
des comptes de devises en ordre : il n'y a plus de devises d'origine
inconnue, elles proviennent désormais des dépenses
effectuées par les touristes, sans qu'aucun contrôle
ne puisse démentir cette assertion.
- en allant en Birmanie vous cautionnez le régime et vous
lui permettez d'avoir une image plus respectable. Un régime
bénéficiant de la visite de beaucoup d'occidentaux
ne saurait être le goulag tropical financé par l'argent
de la drogue que décrivent ses adversaires
- l'argent que les touristes vont dépenser pendant le
voyage ira la plupart du temps directement dans la poche des dirigeants
et du régime car la majorité des sites touristiques
et des infrastructures leurs appartiennent. Cette contribution (si
petite soit-elle) risque de maintenir un peu plus longtemps au pouvoir
ce régime totalitaire.
- la junte militaire dépense huit fois plus d'argent pour
la défense que pour l'éducation et la santé.
- un tiers du pays est interdit aux étrangers car
il y a des opérations militaires ou du trafic de drogue.
Pour toutes ces raisons, nous vous suggérons
donc de suivre le mot d'ordre d'Aung San Suu Kyi, qui demande de
ne pas voyager en Birmanie pour l'instant.
Pour tous ceux qui sont tout de même
décidés à faire du tourisme en Birmanie, voici
quelques conseils que nous vous demandons de suivre au maximum
:
- Ne partez pas en voyage organisé car les agences
se soucient souvent peu de la politique birmane et elles ne vous
montreront que le beau côté de la Birmanie. De plus
ce genre de tourisme fréquente bien souvent uniquement les
grands sites touristiques et l'argent dépensé va directement
au régime en place.
- Partez en petit groupe, c'est le meilleur moyen de découvrir
les différents aspects de la Birmanie et de rencontrer la
population.
- Boycottez les hôtels de l'état et les moyens de
transports de l'état (train, bateau de luxe, avion,
).
- Pensez que chaque fois que vous payez l'entrée d'un
site touristique, l'argent va la plupart du temps dans la poche
des dirigeants militaires.
- N'entreprenez pas d'actions sur place. Elles pourraient
porter préjudice aux personnes inquiétées par
le régime. Si un birman vous parle de la dictature, ne le
répétez à personne en Birmanie, même
pas à une personne qui vous semble de confiance, car il y
a des espions partout et votre interlocuteur risque la prison et
la torture.
- Ouvrez les yeux et dès votre retour, soutenez l'action
des démocrates birmans
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