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Rapport de L'association de Elus pour la Birmanie: JANVIER 2000

Sommaire
   
Edito - Qui sommes-nous? - Le "rapport Aubert" ou un fameux pavé dans la mare - Actions passées et à venir - Infos à suivre
Edito  
Le 9.9.99 représentait pour tous les Birmans un espoir: celui de retrouver des raisons de croire en la naissance prochaine d'un régime démocratique dans leur pays. Celui de renouer avec le processus amorcé 11 ans plus tôt, lors des manifestations du 8.8.88 et des premières élections libres qui les ont suivies. Cet espoir est à la mesure du drame birman: au-delà des atteintes aux droits politiques les plus élémentaires, ce sont 600 000 Birmans (selon le BIT, Bureau International du Travail), hommes, femmes et enfants, qui sont contraints de travailler au bénéfice des militaires et c'est quotidiennement que l'ensemble de la population souffre d'importantes carences alimentaires dues à la mauvaise gestion du pays par une junte qui détourne à son seul profit les richesses naturelles et touristiques birmanes. La répression préventive mise en œuvre par la junte militaire à l'approche du 9.9.99 a eu raison de tout essai de contestation trop frontale. L'attente immense et désespérée des Birmans était cependant trop forte: elle ne pouvait pas ne pas s'exprimer. Elle a en fait été relayée par d'autres modes de protestation, tout aussi déterminés. En Birmanie même, tout d'abord, par les prières autour desquelles la population s'est rassemblée dans toutes les pagodes du pays. Par Aung San Suu Kyi, la prix Nobel de la paix, renouvelant son appel aux sanctions économiques internationales dans une vidéo transmise aux exilés birmans, via la Thaïlande. Par ces exilés, enfin, un peu partout dans le monde et notamment lors de cette réunion d'élus dans les locaux du Parlement européen, à laquelle plusieurs d'entre-vous ont participé. Par vous, donc.

La tenue de ce rassemblement est d'autant plus encourageante que nombre d'entre-vous étaient mobilisés par la situation du Timor oriental, à l'ordre du jour d'une session extraordinaire de la commission des Affaires étrangères du Sénat. Le lien entre le Timor Oriental et la Birmanie ne s'arrête d'ailleurs pas à ce "hasard du calendrier". Dans les deux cas, une tentative d'avancée démocratique (le référendum sur l'indépendance du Timor, l'élection d'une Assemblée indépendante en Birmanie) s'est immédiatement vue contrecarrée par les forces armées. Ainsi, depuis 9 ans, se poursuivent harcèlement, pressions et arrestations des élus démocrates birmans. La moindre critique du régime, le moindre mouvement de révolte ou de désaccord sont implacablement réprimés. L'exemple de Léo Nichols est là pour nous le rappeler. Consul honoraire du Danemark de nationalité birmane, incarcéré pour "possession d'un fax non autorisé", il a payé cher son soutien à la Ligue Nationale Démocratique et à Aung San Suu Kyi dont il était le parrain: il est mort en prison suite aux mauvais traitements qu'il y a subis. Autre cas: la "Fondation de France" et "Reporters sans Frontières" ont décerné leur prix, le 10 décembre dernier, à Daw San San Nweh, une des treize journalistes emprisonnés par les militaires birmans. Depuis 1994, cette reporter purge une peine de 10 ans de prison pour avoir "donné des points de vue partisans" à des journalistes français en 1993 et fourni des informations sur la situation des droits de l'homme au rapporteur des Nations Unies pour la Birmanie. Outre un mépris agressif identique pour les minorités "nationales", un autre parallèle à faire entre les situations birmane et timoraise repose sur les liens particuliers qui unissaient Suharto à Ne Win, "le père" de la dictature birmane. Un des très rares voyages officiels de ce dernier s'est d'ailleurs déroulé chez Suharto, en Indonésie. Le gouvernement indonésien a de plus constitué l'un des principaux soutiens à l'accession de la junte birmane à l'ASEAN en 1997. Outre ces appuis, Suharto n'a jamais manqué de faire profiter les dictateurs birmans de ses "bonnes recettes": l'organisation de l'USDA birmane (sorte de groupement "populaire" suscité par la junte) a été calquée sur son homologue indonésienne, le Golkar Peut-être peut-on rêver que les Birmans bénéficieront prochainement d'une démocratie que les Timorais et les Indonésiens découvrent à peine, après tant de souffrances La création de l'"Association des Elus pour la Birmanie" vient s'ajouter aux autres pas que des démocrates du monde entier font dans cette direction. Votre engagement en faveur de vos collègues en prison et en faveur de l'inscription de la question des relations commerciales avec la Birmanie à l'agenda de l'Union européenne, constitue un geste fort: il donne pleinement sens à la fonction de parlementaire, essentielle à la vivacité des démocraties. Une merveilleuse illustration en est venue d'où on l'attendait peut-être le moins, à savoir du Parlement français. Le rapport de la "Mission Aubert" (http://www.assemblee-nationale.fr , rapport n° 1859, utiliser le moteur de recherche et taper: "aubert" ou "1859") sur le "rôle des compagnies pétrolières dans la politique internationale et son impact social et environnemental" a en effet sérieusement bousculé les pratiques opaques habituelles que de nombreux pays, et particulièrement la France, développent au nom des intérêts supérieurs de l'Etat en matière d'indépendance énergétique. Ce rapport constituera pour notre Association un outil précieux dans les mois qui viennent. Nous y consacrons d'ores et déjà une bonne partie de cette Newsletter.

Ce trimestriel que vous tenez entre vos mains se veut lui aussi un outil pour vous permettre de faire vivre les objectifs de votre association. Il se veut tout d'abord une source d'information rigoureuse où alterneront articles de fond, brèves et références qui vous permettront d'approfondir votre connaissance du dossier birman. Il servira donc à rassembler et à diffuser des nouvelles qui passent ici complètement inaperçues mais qui alimentent l'espoir au cœur de ceux qui suivent la situation birmane de près. Ce trimestriel est surtout appelé à devenir un lien entre vous, élus de différentes assemblées dans différents groupes politiques, en faisant écho aux initiatives que vous avez déjà prises ou allez prendre. Mais il établira aussi un lien entre nous qui appartenons à la "société civile" et vous, les "politiques". En effet, si l'association ne sera que ce que vous en faites, nous sommes là pour collaborer et vous soutenir au mieux de nos moyens (ce premier numéro vous permettra d'ailleurs de mieux nous connaître). Ce périodique est donc tout autant le vôtre que le nôtre: vos contributions, commentaires, critiques y sont les bienvenus

Comment, enfin, vous remercier pour cet espoir que vous contribuez à entretenir auprès du peuple birman? Sans doute en donnant le meilleur de nous-mêmes pour qu'ensemble, nous fassions en sorte que la démocratie soit au bout du calvaire de ce pays.

Actions Birmanie
Qui sommes-nous?  
François Cornélis, à l'époque administrateur délégué de Pétrofina ne s'attendait sans doute pas à un tel mois de décembre '98: le 1er, il voyait son entreprise passer sous le contrôle de Total; le lendemain, sa nouvelle charge de président du Conseil d'Administration à l'UCL l'amenait à remettre un doctorat honoris causa aux mains d'Aung San Suu Kyi, représentée par son mari, Michael Aris. Ces deux événements, à priori sans beaucoup de liens, ont pourtant provoqué le 10 décembre une réaction qui n'a fait que s'amplifier au sein de la communauté universitaire: comment ne pas voir en effet une incroyable incohérence dans le fait que le nouveau vice-président de Total-Fina, un groupe qui soutient la dictature birmane par ses opérations gazières, honore une personne qui n'a cessé de dénoncer l'appui de la société pétrolière à cette junte?

C'est au départ de la dénonciation de cette incohérence qu'est né, en Wallonie et à Bruxelles, un groupe d'action visant à la défense des droits des démocrates birmans. Ce groupe est une simple association de fait nommée "Actions Birmanie", organisation faîtière qui a lancé des actions dans trois directions: Action Birmanie Cohérence (ABC). ABC, qui regroupe des chercheurs et des professeurs de l'UCL, vise, en collaboration étroite avec l'AGL (Assemblée Générale des étudiants de LLN), à faire en sorte que l'UCL sorte de l'incohérence du 10.12.98 et s'engage clairement en faveur de la démocratie en Birmanie. Action "Pétrole ou Birmanie" a réuni une plate-forme d'autres ONG pour soutenir "l'appel à la consommation responsable", qui vise au boycott des produits de Totalfina, étant donné les liens avérés entre le pétrolier franco-belge et la dictature birmane (l'appel est disponible sur notre site: www.birmanie.net) l'"Association des Elus pour la Birmanie", que vous commencez à connaître.

L'équipe active d'Actions Birmanie est constituée d'une petite dizaine de personnes, toutes bénévoles, l'Assemblée Générale des étudiants de l'UCL mettant à notre disposition une de ses permanentes pour une partie de son temps. La plupart d'entre nous sommes engagés dans la vie professionnelle: avocat, enseignant, infographiste, économiste à Greenpeace, Nous comptons également des étudiants actifs à l'AGL.

Nous venons de recevoir depuis peu un budget de 5000 $ pour toutes nos actions de la Fondation "Open Society" de G. Soros. Précisons bien que ce don ne nuit pas à notre indépendance mais il s'avère simplement que le Burma Project de sa Fondation rend accessible du financement pour des groupes comme le nôtre. Etant donné l'intérêt que la question birmane commence à susciter auprès d'un nombre croissant de personnes, la question de la structuration de notre groupe (notamment sous forme d'asbl) commence à sérieusement se poser. Celle-ci est inscrite à l'agenda de l'an 2000. Tout comme la nécessité de mieux coordonner l'action en faveur de la Birmanie au niveau européen avec les groupes actifs dans les autres pays de l'Union (la France, les Pays-Bas, le Royaume-Uni, l'Irlande, le Danemark et, depuis peu, l'Espagne et l'Italie) ainsi que, last but not least, avec nos amis du Nord du pays qui accomplissent un travail remarquable en direction des agences de voyage organisant des séjours en Birmanie. Les touristes qui passent par ces agences logent en effet dans des hôtels appartenant souvent à des proches de la dictature. Actuellement, le Birma Groep/Groupe Birmanie (KWIA) vient de remporter un procès que la compagnie Anders Van Anders d'Anvers avait intenté contre lui. Le tribunal a reconnu le droit à Birma Groep/Groupe Birmanie (KWIA) de dénoncer le fait que Anders Van Anders possède un hôtel partiellement financé par Lo Sing Han, ancien numéro 1 du trafic d'héroïne en Birmanie, prédécesseur de Khun Sa, grand Seigneur de la drogue (voir infra et notre site www.birmanie.net pour plus d'infos sur ce procès et sur Birma Groep/Groupe Birmanie (KWIA).
Le rapport "Aubert" ou un fameux pavé dans la mare  
"Le rapport d'information sur le rôle des compagnies pétrolières dans la politique internationale et son impact social et environnemental", mission d'information menée à la requête de la Commission des Affaires étrangères de l'Assemblée nationale française par Madame M-H Aubert, députée des Verts et Messieurs P. Brana (PS) et R. Blum (Démocratie libérale) constitue une synthèse particulièrement large des analyses déjà produites sur les méthodes utilisées par les compagnies pétrolières pour exploiter le gaz et le pétrole dans des pays le plus souvent instables. Ce rapport, malgré certaines critiques, a été approuvé pour publication. Personne n'ignore plus cette sorte de diplomatie parallèle que les compagnies pétrolières mènent dans ces pays et qui a été illustrée de manière particulièrement violente par Shell au Nigéria et Elf au Gabon et au Congo. Mis à part les réactions d'ONGs, ce genre de comportement n'a jamais suscité aucune réaction de la part des gouvernements occidentaux. En cause: aussi bien les intérêts stratégiques en jeu (en terme notamment d'indépendance énergétique) que les liens parfois étroits, comme semble le montrer l'affaire d'Elf au niveau français, entre ces compagnies et certains politiques. Le regard posé par ce rapport sur cette problématique a été qualifié d'"angélisme d'enfant de coeur"par des députés français alors qu'il ne s'inspire jamais que des principes contenus dans la déclaration universelle des droits de l'homme ou la charte de l'OIT-ILO (Organisation Internationale du Travail - International Labour Organisation), principes démocratiques élémentaires que les pays d'origine de ces compagnies refuseraient de voir bafoués chez eux

La mission parlementaire a consacré une bonne partie de son travail à l'investissement Totalfina en Birmanie. Ses conclusions sur ce plan sont claires et nettes: "la présence d'entreprises étrangères dans un tel contexte est loin d'être souhaitable tant pour l'avenir de la démocratie birmane que pour leur image. La présence du 4ième pétrolier mondial en Birmanie est actuellement dommageable pour l'image de la France comme pour celle de ce groupe dans le monde Il serait opportun qu'un tel investissement soit figé" (p.107). En dépit de la recommandation récente des parlementaires français de geler les activités de la France en Birmanie, la nouvelle tombe ce 11 janvier (AFP) que la compagnie Total se prépare à commencer un nouveau forage sur la côte birmane pour explorer les réserves de gaz naturelles.

Vous trouverez ci-dessous une synthèse des réponses que la mission apporte aux questions que la présence de Total en Birmanie soulèvent le plus souvent:

Total en Birmanie: de quoi s'agit-il?
La firme française a répondu à un appel d'offre de la junte pour exploiter le champ gazier off-shore de Yadana, qui renferme des réserves de gaz estimés à 140 Milliards de m3. Elle a formé un consortium pour l'exploitation de ce champ et l'acheminement du gaz vers la Thaïlande, seul marché de la région en mesure de l'absorber. Se retrouvent aux côtés de Total (31.24%) dans ce consortium, la compagnie US Unocal (28.26%), la firme thaïlandaise publique PTT-EP (25,5%) et la MOGE MYANMAR Oil Gas Enterprise, présente à hauteur de 15%. Cette dernière compagnie a été créée par la junte qui participe grâce à l'aide d'un groupe de Japonais qu'il lui faut d'abord rembourser: "les revenus substantiels de ce projet ne seront pas perçus avant 2002-2003 par l'Etat birman" a déclaré, devant les députés, T. Desmarest (que les récents événements de Bretagne ont rendu célèbre). Par ailleurs, la mission avait constaté que la centrale de Rachaburi en Thaïlande, destinée à être alimentée par le gaz birman, n'est pas encore en état de fonctionner, son parachèvement ayant été retardé par la crise financière asiatique Cette information s'avère dorénavant dépassée: la centrale commence à fonctionner (une des 6 turbines est déjà opérationnelle) et l'extraction du gaz de Yadana va débuter à la fin de ce mois. La PTT (la firme publique thaïlandaise) estime que le gaz de Yadana va représenter 21% du gaz naturel utilise par la Thaïlande en 2003 alors que la population birmane elle-même ne jouit pas de ses ressources naturelles mais ne peut que pâtir du renforcement de la junte par le revenu ainsi généré... Notons enfin que Total n'a jamais désiré rencontrer Aung San Suu Kyi.

Total soutient-il la dictature de manière directe?
Etant donné que l'Etat birman, par l'intermédiaire de la MOGE, va toucher "des revenus substantiels" (voir supra), il y a un premier lien financier établi entre la junte et le projet de Totalfina. Mais d'autres relations ne sont pas à exclure, selon des ONGs citées par la mission française. Ainsi, Tyler Giannini, avocat et directeur de EarthRights International (US) affirme que "des commissions ont été versées à la junte pour le contrat, ainsi que des pots-de-vin". Toujours selon lui, "le gouvernement birman a acheté des hélicoptères à la Pologne en 1994 et Lech Walesa, alors président, avait alors indiqué que c'était la société Total qui les avait payés". Enfin, comme la région que le gazoduc traverse est particulièrement instable (voir § suivant), il a fallu y transporter des troupes: il semblerait, d'après Francis Christophe, journaliste, écrivain et membre de l'Observatoire géo-politique des drogues, "que la compagnie privée Héli-Unions qui transportait par hélicoptère des hommes et du matériel pour Total, a transporté des troupes birmanes; pas forcément dans la zone du gazoduc et cela sur le compte de Total" Un autre journaliste français aurait recueilli des confidences de militaires birmans confirmant l'usage d'avions Total pour transporter des troupes.

La construction du gazoduc a-t-elle eu un impact sur les populations de la région?
Le gazoduc qui relie le champ gazier en mer doit traverser, sur 63 km, l'étroite bande birmane qui sépare la Thaïlande de la mer. Or, cette région fait l'objet de heurts incessants entre les minorités présentes dans la région (à savoir les Karens et les Mons) et l'armée birmane. Dès lors, pour assurer le développement et la sécurité du projet, l'armée a du se livrer à un débroussaillage et a un "nettoyage" de la zone. De nombreuses ONGs affirment qu'elle s'est livrée à des déplacements de population; une ONG bengladi, pourtant favorable au projet, reconnaissant la destruction d'au moins un village, d'autres parlant de 13 villages. Par ailleurs, la présence militaire s'est considérablement renforcée, ce qui a entraîné, d'après les représentants démocratiques des minorités, d'innombrables violations des droits de l'homme. Il semble que les infrastructures , écoles, dispensaires, fermes-modèles , financées par Total et réservées à certains Birmans ne représentent qu'une goutte d'eau par rapport à l'extrême misère de la région . L'implantation de Total a provoqué une militarisation accrue de cette région, ce qui a pour effets directs le prélèvement de travailleurs forcés, les déplacements forcés de population et donc des récoltes fort diminuées et une famine qui, combinées aux violences exercées, plonge la population locale dans la misère.

Pour la construction du gazoduc, Total a-t-il eu recours à du travail forcé?
Rappelons d'abord que l'OIT-ILO en juin dernier a suspendu le "Myanmar" de son organisation pour cette raison. Le rapport Aubert reprenant à son tour le Rapporteur spécial des Nations-Unies sur la situation des droits de l'homme en Birmanie ne fait que confirmer un constat maintes fois posés: "Des centaines de milliers de Birmans, hommes, femmes et enfants sont contraints de travailler sous les ordres des militaires au travail forcé qui est systématique pour la construction et l'entretien des routes et des ponts " La mission conclut de ses multiples contacts que le travail de débroussaillage qui a précédé la construction du gazoduc et qui a été pris en charge par l'armée à la demande de Total et d'Unocal a été accompli par les villageois qui, même payés par la compagnie pétrolière , certains affirment que l'armée passait juste après pour récupérer l'argent de force , n'avaient pas d'autre choix que de travailler au chantier du gazoduc au détriment de leur travail agricole indispensable à la subsistance de leurs familles.

Gaz naturel et blanchiment d'argent ont-ils été de pair à Yadana?
F. Christophe (cité supra) a consacré son récent ouvrage "Birmanie, dictature du pavot" (édition Philippe Piquier) aux liens réels entre la dictature et la drogue du fameux "Triangle d'or", liens qui se sont renforcés quand, au début '96, la junte s'est réconciliée à Khun Sa, grand Seigneur de la drogue. Le même F.Christophe affirme que les 15 Millions de dollars versés à la signature du contrat par Total à la junte "ont été injectés dans le circuit financier de l'argent de la drogue". C'est d'après lui, ce même argent sale qui permet à Total de pouvoir compter sur une armée efficace pour préserver la sécurité du site. La mission parlementaire, sans pouvoir vérifier la véracité de ce qui est avancé, déclare "ne pas ignorer que la drogue est une des principales ressources de la Junte birmane".

Notons également que les membres de la mission ont rencontré Daw Aung San Suu Kyi qui leur a répété son opposition à tout investissement étranger en Birmanie à l'heure actuelle, car il ne peut que conforter la junte au pouvoir. Nous reviendrons dans le futur sur la question des sanctions commerciales.

Enfin, pour conclure "en beauté", reprenons les paroles du Ministre birman des Affaires étrangères aux députés français: "Le pays n'est pas mûr pour la démocratie, or notre peuple est simple. Une constitution est en cours d'élaboration, mais pourquoi se presser? Des élections peuvent avoir lieu dans un an ou 200 ans.". Comment, comme Totalfina, ne pas "aimer ce pays, son peuple et ses dirigeants"comme l'avait déclaré un ancien "Premier" belge, aujourd'hui en retraite forcée, au sujet du Zaïre?

Le rapport intégral est disponible sur
http://www.assemblee-nationale.fr
rapport n° 1859.
Actions passées et à venir  
C'est déjà fait
Le 16 novembre dernier, Mr Maung Maung Aye, Ministre de l'information du gouvernement birman en exil, a eu l'occasion de rencontrer plusieurs parlementaires qui avaient répondu à une invitation de notre part, envoyée assez tardivement. Ont été évoquées aussi bien la situation actuelle en Birmanie que la meilleure manière de communiquer avec les MPs en prison: par mesure de sécurité, il conviendrait de faire transiter ce courrier par notre hôte qui dispose de contacts en Birmanie. Nous y reviendrons.

Au cours de ce même mois de novembre ont été entamés des contacts individuels avec certains d'entre vous pour élaborer une stratégie politique pour atteindre nos objectifs. Ces contacts individuels vont continuer dans les semaines qui viennent avant d'avoir une réunion plénière fin janvier - début février.

Ca reste à faire
Avant tout, confirmer votre adhésion à l'Association en versant 25 euros au compte 523-0801090-42 (Banque Triodos), qui malheureusement, avait été oublié lors du premier courrier.

Envoyer un fax à l'ambassade de Birmanie à Paris pour signaler votre soutien à votre "filleul" (pour ceux qui ne l'ont pas encore fait): A Monsieur l'Ambassadeur du Myanmar Rue de Courcelle, 60 75008 Paris tel : 00 33 142 25 56 fax : 00 33 142 564 941

Voor onze leden die nederlandstalig zijn, een beetje geduld hebben. Als kleine organisatie en met onvoldoende kennis van de ABN om u een deftige vertaling te verzekeren is het op dit ogenblik gemakkelijker voor ons alleen maar een Franstalige versie van deze tijdschrift te produceren. Maar we verbinden ons een betere oplossing te vinden in de komende maanden. Bedankt voor uw ondersteuning en voor uw begrip. Nous informer de toutes les démarches que vous entreprenez en rapport avec la Birmanie.
Info à suivre  
Deux des membres du CRPP (le comité représentatif du Parlement élu en 1990) ont été ré-arrêtés le 3 novembre pour leurs activités politiques. Il s'agit de U Saw Mra Aung, président du CRPP et président de la LND de l'Etat d'Arakan,âgé de 82 ans et de Mr Naing Htoon Thein, du même âge, président de la LND de l'Etat Mon.