Chambre des
Représentants -
Commission des Affaires sociales
Réunion du 18 janvier 2005 03 Question de Mme Zoé Genot à la ministre de l'Emploi
sur "les mesures préconisées par l'Organisation
Internationale du Travail (OIT) vis-à-vis de la Birmanie" (n° 4860)
03.01 Zoé Genot (ECOLO): Madame la ministre, tout le monde
connaît la situation régnant actuellement en Birmanie,
que ce soit au niveau politique avec une répression féroce
des opposants ou par rapport à la pratique généralisée
et systématique du travail forcé au Myanmar. Ceci
a conduit l'Organisation Internationale du Travail à se
pencher sur cet état de fait en 2000 et à demander à tous
ses membres d'examiner leurs relations avec le Myanmar et de prendre
des mesures appropriées afin que ces relations ne puissent être
mises à profit par ce pays pour perpétuer ou développer
le système du travail forcé ou obligatoire. Quatre
ans après, au mois de novembre, le conseil d'administration
de l'OIT a examiné l'évolution de la situation du
travail forcé en Birmanie. Il est possible qu'il ait décidé, à cette
occasion, de renforcer certaines mesures. Madame la ministre, pouvez-vous
clarifier la position de la Belgique par rapport aux mesures demandées
par l'OIT à ses Etats membres en novembre 2000 en vue de
faire pression pour lutter contre le travail forcé en Birmanie?
Quelle est la position actuelle de notre pays quant à ses
relations commerciales avec la Birmanie? Je reconnais que cette
question dépend partiellement des compétences de
votre collègue du Commerce extérieur mais, étant
donné que des représentants de votre département
siègent au niveau de l'OIT, peut-être avez-vous une
vision assez complète du suivi réservé à ces
prises de position. Madame la ministre, pouvez-vous expliquer en
particulier la position défendue à ce sujet par la
Belgique au sein de l'Union européenne dont la dernière
position commune sur la Birmanie, adoptée au mois d'octobre
dernier, a été qualifiée de "gravement
inadéquate" par la Confédération européenne
des syndicats et la Confédération internationale
des syndicats libres dans une déclaration publiée
le 5 novembre dernier?
03.02 Freya Van den Bossche, ministre: Madame la présidente,
la Belgique a participé aux coordinations de l'Union européenne
sous la présidence des Pays-Bas. Elle a soutenu la nécessité de
relancer les effets de la résolution de 2000 et le fait
qu'il ne fallait plus se contenter d'attendre des progrès éventuels
sur la base des contacts du chargé de liaison de l'OIT.
Cependant, suite aux changements à la tête du Myanmar,
la Belgique s'est ralliée au consensus spécifiant
que la décision finale pourrait être prise au Conseil
de mars 2005, après qu'une mission de haut niveau se sera
rendue sur place. La déclaration de l'Union européenne
a été faite en séance plénière
par le Luxembourg, au nom également de la Roumanie, de la
Turquie, de la Croatie, de l'Albanie, de la Bosnie-Herzégovine,
de la Serbie-Monténégro, de la Norvège et
de la Suisse. Le Conseil a décidé par consensus qu'il
fallait évaluer l'attitude des nouvelles autorités
et leur volonté de lutter contre le travail forcé.
Il a chargé le directeur général de déléguer
une mission de niveau suffisamment élevé pour répondre à l'objectif
recherché et assurer sa visibilité. Le directeur
général fera rapport de cette mission lors de la
prochaine séance de mars. Le Conseil pourra alors prendre
toutes les dispositions, notamment celles relatives aux investissements étrangers.
03.03 Zoé Genot (ECOLO): Madame la ministre, j'espère
que la Belgique sera particulièrement attentive à ce
rapport d'évaluation. En effet, on assiste bien souvent à un
mouvement de balancier: quand une décision doit être
prise, on constate des signes d'ouverture et, dès que les
décisions sont prises, voyant que nous poursuivons nos relations
en vue de préserver nos intérêts pétroliers,
très souvent, on assiste par la suite à des durcissements
assez regrettables. J'espère donc que la Belgique sera très
vigilante et gardera tout cela en mémoire. |