| Chambre des
Représentants -
Commission des Relations extérieures - 12-01-2005 Question
orale de Madame K. Lalieux, Députee, au Ministre de l’Economie
et du Commerce Exterieur, Monsieur M. Verwilghen
Karine Lalieux (PS):
Monsieur le
président, monsieur le ministre, en novembre
2000, l'Organisation internationale du Travail
(OIT), après avoir constaté que "les pratiques
du
travail forcé étaient généralisées
et systématiques
en Birmanie" – je cite –, et après avoir
donné des
avertissements au régime birman, a demandé à
tous ses membres "d'examiner leurs relations
avec le Myanmar et de prendre des mesures
appropriées afin que ces relations ne puissent être
mises à profit par ce pays pour perpétrer ou
développer le système de travail forcé ou
système
obligatoire".
Les confédérations syndicales internationales ont
également exigé l'interdiction d'investir, le gel
voire
le retrait des investissements étrangers en
Birmanie et l'interdiction des importations des
produits birmans.
En 2004, le conseil d'administration de l'OIT s'est
penché sur l'évolution de la situation du travail
forcé en Birmanie et a confirmé les mesures de
2000.
Monsieur le ministre, face à cette situation,
pouvez-vous nous faire un rapport détaillé en ce
qui concerne les investissements belges en
Birmanie et les importations vers notre pays?
Quelle est la position de la Belgique quant aux
relations commerciales avec ce pays?
Marc Verwilghen, ministre:
Madame
Lalieux, votre question comporte deux volets.
Sur le premier volet qui concerne spécifiquement
la Belgique, il est difficile de disposer de chiffres
sur les investissements au Myanmar. La principale
association belge avec le Myanmar est très
restreinte et concerne Total Fina. D’autres
entreprises belges actives dans la région suivent
de loin l’évolution de ce pays. Ils n’y ont pas
de
contrat ou projet. Le Ducroire ne couvre d’ailleurs
pas les investissements en raison du risque de
transferts.
En septembre 2004, le ministre birman du
planning national et du développement a annoncé
qu’en 2003, les investissements étrangers directs
au Myanmar auraient augmenté de 94% par
rapport à 2002, soit un flux d’investissements
étrangers en 2002 se chiffrant à 49,2 millions de
dollars contre 95,3 millions de dollars en 2003.
Le total des investissements étrangers s’élèverait
depuis 1998 à 7 milliards de dollars, du moins
selon les autorités birmanes.
En revanche, l’ambassade de Belgique à Bangkok
signale que les investissements étrangers ont
presque complètement cessé et que les
entreprises occidentales se retirent comme, par
exemple, le géant pétrolier BP.
L’économie du Myanmar reste mal gérée.
Le
système bancaire fonctionne mal. Les monopoles
militaires tiennent les secteurs-clés. La corruption
et des infrastructures inadaptées caractérisent ce
pays. Les investissements précités émanent
selon la première source de huit pays : la Russie,
l’Amérique, Hong Kong, Malaisie, Singapour,
Corée du Sud, Canada et Bruneï.
De plus, comme vous le savez certainement,
depuis le 20 mai 1997, les nouveaux
investissements américains au Myanmar sont
interdits. Les USA ont intensifié leurs sanctions
depuis juillet 2003 par une interdiction des
importations. La position commune de l’Union européenne
sur la Birmanie a été renforcée en
novembre 2004. Vous n’ignorez pas que cette
décision européenne est assortie d’une liste
d’entreprises publiques avec lesquelles seuls des
contacts restreints sont autorisés.
Pour répondre à la deuxième partie de votre
question concernant la position de la Belgique
quant aux relations commerciales avec la
Birmanie, il est évident qu'à cet égard, la
Belgique
s'inscrit totalement dans le cadre européen
prévoyant la promotion permanente des droits de
l'homme dans ce pays. S'il n'y a pas de progrès à
cet égard, ce qui est apparemment le cas, la
Belgique maintient sa position.
Karine Lalieux (PS):
Monsieur le ministre,
je vous remercie pour cette réponse très
complète. Il faut être très vigilant à l'égard
de ces
pays où il n'est question que de militaires et de
dictature. Favoriser le commerce avec ce type de
pays est amoral. Je suis donc ravie que la
Belgique maintienne cette position à propos de la
Birmanie.
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