Initiée en Grande-Bretagne par
plusieurs ONG et soutenue par des investisseurs d'envergure comme
ISIS AM (ex-Friends Ivory) ou Georges Soros, la campagne "Publish
what you pay" vient d'être lancée en France.
Regroupant plusieurs ONG militantes (Agir ici - Association Sherpa
- Collectif TotalFinaElf ne doit pas faire la loi - Secours Catholique
- Survie - Transparence International France), cette campagne vise
à contraindre les entreprises extractives (en particulier les
entreprises pétrolières) à publier les montants
versés aux gouvernements (redevances, primes à la signature
des contrats, commissions, etc.) afin d'obliger par ricochet ceux-ci
à rendre des comptes sur l'utilisation de ces fonds et ainsi
de prévenir les détournements.
Faisant suite à une action du Secours Catholique pour demander
l'application de ce principe aux entreprises et organisations implantées
au Congo (voir RSE 133), le collectif français a interrogé
hier le PDG de Total lors de l'Assemblée Générale
sur sa position.
Thierry Desmarest a rappelé que bien que soutenant le principe,
il ne procéderait à une telle publication que sous de
nombreuses conditions, dont l'accord préalable des gouvernements
concernés.
A titre de comparaison, le Groupe Shell soutient la campagne mais
ne consentirait à une publication que si celle-ci s'imposait
à tout le secteur.
De son côté, BP s'est engagé à publier
des chiffres mais a dû reculer face aux pressions des gouvernements
concernés. Face à la frilosité des entreprises,
les promoteurs de la campagne attendent aujourd'hui l'initiation d'une
réglementation internationale sur la question.
Un sujet qui devrait être abordé par le gouvernement
britannique lors du prochain G8.
Plus d'info : www.publishwhatyoupay.org |