Les dirigeants du parti d'Aung San
Suu Kyi, la ligue nationale pour le démocratie (LND), ont tous
été placés en résidence surveillée
à Rangoon, et les principales permanences du parti dans le
pays fermées, a annoncé dimanche un responsable de la
junte au pouvoir en Birmanie.
La junte a annoncé samedi que Mme Suu Kyi avait été
«temporairement placée sous la protection des autorités»
du nord du pays, après de violents affrontements entre ses
sympathisants et des éléments pro-junte qui ont fait
quatre morts vendredi, lors d'une longue tournée du prix Nobel
de la paix. Sept membres du Comité exécutif central
(CEC), organe de direction de la LND, principal parti d'opposition,
ont été placés en résidence surveillée
à Rangoon, selon cette source. Les deux autres membres du CEC,
Aung San Suu Kyi et Tin Oo, respectivement secrétaire général
et vice-président de la Ligue, se trouvaient «placés
temporairement sous la protection» des autorités locales
du nord de la Birmanie où ils étaient en tournée.
«Tous les sièges de la LND dans les grandes villes ont
été scellés», a ajouté cette source.
La LND, objet d'une féroce répression dans les années
90 - elle avait remporté massivement des élections dont
la junte n'a jamais voulu reconnaître les résultats -
avait pu progressivement rouvrir ses permanences depuis la levée
de l'assignation à résidence de Mme Suu Kyi il y a un
an, à la faveur d'un léger dégel politique. Le
sort de Mme Suu Kyi elle-même était incertain dimanche.
Elle était en état d'arrestation dans le nord du pays,
interdite de communications avec l'extérieur, et son transfert
à Rangoon pourrait intervenir rapidement, selon des sources
informées. AFP |