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| Le
Nouvel Obs- jeudi 11 décembre 2003 |
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Travail
forcé
Payé par Total, Kouchner blanchit Total en Birmanie |
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Le fondateur
de Médecins sans frontières a touché 25.000 euros
pour rendre un rapport sur le travail forcé en Birmanie, qui
conclut que celui-ci n'a pas été utilisé par
la compagnie. Le travail forcé est d'ailleurs, selon l'ancien
ministre, "une coutume ancienne, qui fut même légalisée
par les Anglais en 1907".
L e groupe pétrolier Total a payé 25.000 euros en mars
dernier Bernard Kouchner, ancien ministre socialiste et fondateur
de Médecins sans frontières, pour qu'il rende un rapport
sur le travail forcé en Birmanie. Un rapport qui conclut<sum>
à l'absence de travail forcé sous l'égide de
Total. L'existence de ce rapport avait été révélée
par Le Nouvel Observateur dans son édition du 4 décembre,
Le Canard enchaîné rapportant quant à lui ce mercredi
le salaire touché pour ce travail.
Pour rédiger son rapport, publié sur le site internet
de Total , Bernard Kouchner s'est donc rendu pendant quelques jours
en Birmanie. Il y a visité le site du gazoduc de Total, ainsi
que les sept villages modèles installés par Total dans
cette zone.
Pour n'en dire que du bien. "Ce programme socio-économique,
écrit Bernard Kouchner dans son rapport de 19 pages, est la
meilleure publicité pour Total. Une sorte de bureau en ville,
un show-room".
Travail forcé ?
Sur la délicate question du travail forcé, qui a valu
à Total une plainte déposée en août 2002
en France, le ministre conclut qu'il y a eu erreur sur la personne.
En effet, il reprend l'argument du pétrolier : "Le chantier
a employé 2500 personnes". "Toutes bénéficièrent
d'un contrat écrit, de salaires réguliers, d'une protection
sociale et de normes reconnues".
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Concernant l'accusation de travail forcé, il y a eu méprise,
affirme Bernard Kouchner, avec le chantier voisin d'une voie ferrée,
"où il est probable qu'il y ait eu des travaux forcés".
Et le ministre de rappeler que le travail forcé est de toute
façon "une coutume ancienne, qui fut même légalisée
par les Anglais en 1907".
Birmans "trop heureux"
Le "french doctor" note cependant qu'au début du
chantier du gazoduc, "des villageois avaient été
raflés par l'armée pour défricher la forêt
et se livrer à d'autres besognes au service des militaires".
Mais Total une fois au courant de ces dérapages, "exigea
que ces exactions cessent". "Deux décrets abolissant
le travail forcé furent publiés en 1999 et 2000",
poursuit Bernard Kouchner.
Ce que ne dit pas cependant l'ancien ministre, c'est que ces deux
décrets n'ont jamais été appliqués, selon
un militant du collectif Info Birmanie interrogé par Libération.
Interrogé par le quotidien, Bernard Kouchner s'explique : "Les
Birmans que j'ai vu sont absolument heureux de la présence
de Total, trop à mon avis par rapport au reste de la population.
Personne ne connaît les 'victimes de Total' à ma connaissance".
Le rapport de Bernard Kouchner :
http://birmanie.total.com/fr/publications/rapport_bkconseil.pdf |
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