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Le Monde.fr
02 janvier 2005
Nouvelle libération de prisonniers en Birmanie    
Le gouvernement militaire birman a annoncé, dimanche 2 janvier, qu'il avait libéré 5 588 prisonniers dans la perspective du 57e anniversaire de la fête de l'Indépendance, qui sera célébré le 4 janvier, ce qui porte à 19 906 le nombre total de détenus élargis en six semaines.

"Les prisonniers sont libérés pour bonne conduite et bonne contribution à l'Etat pendant leur détention et aussi en l'honneur du 57e anniversaire de l'Indépendance", a annoncé la junte sur la radio publique.

Cet élargissement porte à 19 906 le nombre prisonniers, dont beaucoup sont considérés comme ayant commis des délits mineurs, relâchés par les autorités depuis le 18 novembre.

Pour les trois précédentes vagues d'élargissement, la radio officielle avait expliqué que les prisonniers avaient été incarcérés en raison d'"irrégularités" commises par le Bureau national du renseignement (NBI), un organe des services de renseignements militaires, aujourd'hui dissous.

Aucun chiffre concernant les libérations n'a pu être vérifié de source indépendante jusqu'à présent.

UNE CINQUANTAINE DE PRISONNIERS POLITIQUES

Sur le total des personnes libérées figurent une cinquantaine de prisonniers politiques, selon les partis d'opposition, dont la Ligue nationale pour la démocratie (LND) d'Aung San Suu Kyi. La grande majorité des personnes relâchées sont des détenus de droit commun condamnés à des peines réduites ou qui avaient déjà été accomplies.

Les dissidents les plus connus à avoir recouvré la liberté sont trois hommes dont la libération avait été demandée maintes fois par les organisations de défense des droits humains : Min Ko Naing, dirigeant étudiant des grandes manifestations pro-démocratiques de 1988, Htwe Myint, ancien vice-président du petit parti d'opposition "Parti de la démocratie", et le président de ce parti, Thu Wai, tous deux après plus de neuf ans de prison.

Ces trains de libérations surviennent alors que la junte semble soucieuse de marquer une rupture avec l'ère du général Khin Nyunt, le premier ministre et chef des renseignements militaires, limogé soudainement le 18 octobre pour corruption.

Le NIB était l'une des branches des renseignements militaires sur lesquels Khin Nyunt, aujourd'hui en résidence surveillée, avait assis son pouvoir.

La junte souhaite aussi peut-être s'attirer enfin quelques encouragements, alors que sa récente décision de prolonger d'un an l'assignation à résidence de Mme Suu Kyi, prix Nobel de la paix, lui a valu de nombreuses critiques dans les pays occidentaux.

Le pays compte une quarantaine de prisons et autant de camps de rééducation. L'organisation de défense des droits humains Amnesty International a récemment estimé à 1 300 le nombre de prisonniers politiques dans le pays gouverné d'une main de fer par les militaires depuis 1962.

Avec AFP