| Le gouvernement militaire birman a
annoncé, dimanche 2 janvier, qu'il avait libéré 5
588 prisonniers dans la perspective du 57e anniversaire de la fête
de l'Indépendance, qui sera célébré le
4 janvier, ce qui porte à 19 906 le nombre total de détenus élargis
en six semaines.
"Les prisonniers sont libérés pour bonne conduite
et bonne contribution à l'Etat pendant leur détention
et aussi en l'honneur du 57e anniversaire de l'Indépendance",
a annoncé la junte sur la radio publique.
Cet élargissement porte à 19 906 le nombre prisonniers,
dont beaucoup sont considérés comme ayant commis
des délits mineurs, relâchés par les autorités
depuis le 18 novembre.
Pour les trois précédentes vagues d'élargissement,
la radio officielle avait expliqué que les prisonniers avaient été incarcérés
en raison d'"irrégularités" commises par
le Bureau national du renseignement (NBI), un organe des services
de renseignements militaires, aujourd'hui dissous.
Aucun chiffre concernant les libérations n'a pu être
vérifié de source indépendante jusqu'à présent.
UNE CINQUANTAINE DE PRISONNIERS POLITIQUES
Sur le total des personnes libérées figurent une
cinquantaine de prisonniers politiques, selon les partis d'opposition,
dont la Ligue nationale pour la démocratie (LND) d'Aung
San Suu Kyi. La grande majorité des personnes relâchées
sont des détenus de droit commun condamnés à des
peines réduites ou qui avaient déjà été accomplies.
Les dissidents les plus connus à avoir recouvré la
liberté sont trois hommes dont la libération avait été demandée
maintes fois par les organisations de défense des droits
humains : Min Ko Naing, dirigeant étudiant des grandes manifestations
pro-démocratiques de 1988, Htwe Myint, ancien vice-président
du petit parti d'opposition "Parti de la démocratie",
et le président de ce parti, Thu Wai, tous deux après
plus de neuf ans de prison.
Ces trains de libérations surviennent alors que la junte
semble soucieuse de marquer une rupture avec l'ère du général
Khin Nyunt, le premier ministre et chef des renseignements militaires,
limogé soudainement le 18 octobre pour corruption.
Le NIB était l'une des branches des renseignements militaires
sur lesquels Khin Nyunt, aujourd'hui en résidence surveillée,
avait assis son pouvoir.
La junte souhaite aussi peut-être s'attirer enfin quelques
encouragements, alors que sa récente décision de
prolonger d'un an l'assignation à résidence de Mme
Suu Kyi, prix Nobel de la paix, lui a valu de nombreuses critiques
dans les pays occidentaux.
Le pays compte une quarantaine de prisons et autant de camps de
rééducation. L'organisation de défense des
droits humains Amnesty International a récemment estimé à 1
300 le nombre de prisonniers politiques dans le pays gouverné d'une
main de fer par les militaires depuis 1962.
Avec AFP |