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La Libre.be - 24 juillet 2003
R.C.
Compétence universelle, riposte au Conseil d'Etat    
La ministre de la Justice a présenté le projet de loi devant la Commission.

Chambre et Sénat doivent le voter avant le début des vacances parlementaires.La commission de la Justice entamera ce jeudi les discussions sur le projet de loi abrogeant la loi de compétence universelle - qui devait permettre aux tribunaux belges de juger les auteurs de crimes de guerre, crimes contre l'humanité et génocide, quels que soient l'endroit où ils avaient été commis, la nationalité des auteurs présumés ou celle des victimes - après la séance plénière de la Chambre.
La ministre de la Justice, Laurette Onkelinx, a toutefois présenté le projet devant la commission. Elle en a rappelé les grandes lignes et expliqué comment le gouvernement avait répondu aux remarques du Conseil d'Etat. Dans son avis, ce dernier avait critiqué l'impossibilité de se constituer partie civile sur base de la compétence personnelle passive; «une discrimination au regard des articles 10 et 11 de la Constitution». Laurette Onkelinx a expliqué que le gouvernement se référait au droit international pour justifier cette différence. «Le régime juridique pour ce type d'infraction est très particulier, ce qui justifie des règles de procédure spécifiques.»
Dans le projet de loi, le principe de personnalité passive s'applique lorsque les victimes sont Belges ou résident en Belgique depuis au moins 3 ans. Dans ce cas, plainte pourra être déposée - mais sans constitution de partie civile, ce qui ouvrirait de facto une instruction - auprès du Procureur fédéral qui appréciera l'opportunité d'engager des poursuites.
Le texte rappelle encore les règles des immunités de juridiction découlant du droit international. «Même si le Conseil d'Etat s'interroge sur la nécessité juridique de cette disposition, le gouvernement souligne que son insertion est juridiquement correcte et politiquement importante au regard du respect par la Belgique des obligations qui la lient dans le cadre de ses relations internationales», a dit Laurette Onkelinx. Sur le point des affaires pendantes à l'instruction, le gouvernement a rectifié le tir. Le dessaisissement des juridictions s'opérerait non par l'effet de la loi mais par décision de la Cour de Cassation.
© La Libre Belgique 2003