
|
 |

|
Liberation
-lundi 02 juin 2003
Par Arnaud DUBUS |
|
Birmanie:
la voie de la démocratie s'éloigne
L'égérie de l'opposition Aung San Suu Kyi a de
nouveau été assignée à
résidence. |
|
|
 |
|
|
Pour justifier l'arrestation d'Aung
San Suu Kyi, la junte a saisi le prétexte d'incidents violents
qui ont émaillé ses tournées politiques aux quatre
coins du pays ces derniers mois. Bangkok correspondance e laborieux
processus de démocratisation en Birmanie a fait un pas en arrière
après l'arrestation vendredi de la dirigeante de l'opposition
Aung San Suu Kyi en tournée politique dans le nord du pays,
l'assignation à résidence des principaux dirigeants
de la Ligue nationale pour la démocratie, son parti, et la
fermeture des bureaux du mouvement dans le pays. La majorité
des diplomates basés à Rangoon considère ce durcissement
de la junte comme un coup fatal au processus de dialogue engagé
en octo bre 2000, mais qui en était toujours resté au
stade de l'établissement de la confiance.
Prétexte. Kofi Annan, secrétaire général
des Nations unies, a indiqué qu'il «suivait la situation
avec inquiétude», estimant que cette nouvelle détention
de la porte-flambeau des forces démocratiques soulignait le
besoin d'une réconciliation nationale et d'un dialogue politique
substantiel. Le diplomate malais Razali Ismaïl, représentant
spécial de Kofi Annan pour la Birmanie, doit se rendre dans
le pays la semaine prochaine pour tenter de débloquer la situation.
«Ressentiments». Pour justifier l'arrestation d'Aung San
Suu Kyi, la junte a
saisi le prétexte d'incidents violents qui ont émaillé
les tournées politiques de la prix Nobel de la paix aux quatre
coins du pays ces derniers mois. L'affrontement le plus violent s'est
produit vendredi quand des partisans de la «Dame de Rangoon»
se sont heurtés à des centaines de supporters du régime,
dans la division de Sagaing dans le nord du pays.
Quatre personnes ont été tuées, 50 blessées
et des pierres ont été lancées sur la voiture
d'Aung San Suu Kyi. Sans surprise, divers responsables de la junte
ont rejeté le blâme sur celle-ci. «Ces incidents
se sont produits parce qu'Aung San Suu Kyi profite de ses tournées
pour faire campagne publiquement, ce qui provoque le ressentiment
de la population», a indiqué Tinn Win, le ministre du
Travail. Ce n'est pas la première fois que la dictature birmane
inverse ainsi les rôles.
Agacée par la popularité de l'égérie de
l'opposition, la junte a habilement utilisé les mem bres d'une
organisation de masse qu'elle a créée en 1994, l'Association
pour la défense de l'union et de la solidarité qui,
moyennant quelques subsides, s'ingénie à perturber ses
tournées en bloquant son cortège. |

|