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| L'Humanité
- jeudi 11 décembre 2003 |
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Ils
ont osé le faire
Kouchner : mensonge sans frontière |
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" Comment croyez-vous que je gagne
ma vie moi ? " s'interroge l'ex-ministre de la Santé Bernard
Kouchner. Au risque de nous faire pleurer et parce que, sans doute,
sa très prestigieuse chaire aux Arts et métiers ne lui
suffit pas pour finir le mois, le " french doctor " s'est
fait payer " 25 000 euros pour deux mois de travail " un
rapport vantant le modèle social et économique développé
par le géant pétrolier Total en Birmanie. Accusé
de travail forcé des populations locales lors de la construction
d'un gazoduc achevé en 1998 (le projet Yadana), Total tente
de se racheter une image en se payant l'une des personnalités
de gauche les plus aimées des Français.
Alors que des rapports et des témoins attestent de la réquisition
des populations locales au profit de la firme, Bernard Kouchner précise
que " Personne ne connaît les victimes de Total "
et rappelle " que pour détestable qu'il soit, le recours
au travail forcé est une coutume ancienne, qui fut même
légalisée par les Anglais en 1907. " Une preuve
de plus du réalisme dont sait faire preuve le fondateur de
Médecins sans frontières, (MSF) qui n'hésite
pas ici à franchir un palier de plus dans l'échelle
du reniement à ses convictions " humanitaires " passées.
À quand un prochain poste d'administrateur provisoire pour
pays en souffrance, ou encore le fauteuil rêvé de directeur
général de l'Organisation mondiale de la santé
(OMS) ? Espérons que le nouveau gagne-pain du " squatter
" des médias marquera la fin d'un mythe. Définitivement.
Et par respect pour MSF.
Maud Dugrand |
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