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AFP
11-12-2005
La Birmanie libère plus de 5.000 prisonniers supplémentaires    
RANGOUN (AFP) - La Birmanie a commencé à libérer 5.070 prisonniers supplémentaires, dans le cadre d'un programme d'élargissements qui a commencé le mois dernier, a annoncé samedi la junte, quelques heures après la clôture d'un sommet bouddhiste mondial.

"Nous avons commencé à libérer à partir d'aujourd'hui (samedi) un total de 5.070 prisonniers de différentes prisons du pays", a précisé la junte à la télévision publique, en faisant état "d'irrégularités" commises dans les arrestations par le Bureau national du renseignement, le NIB, les services de renseignement militaires aujourd'hui dissous.

Le mois dernier, la junte avait créé la surprise en libérant en deux vagues un peu plus de 9.200 personnes incarcérées dans tout le pays.

Avec les libérations annoncées samedi, ce sont quelque 14.300 prisonniers qui devaient être élargis. De nouvelles vagues de libérations ne semblaient pas exclues.

Parmi ceux libérés en novembre, seule une quarantaine ou cinquantaine étaient des prisonniers politiques, et l'unique figure emblématique de la lutte prodémocratie à avoir été élargie a été le leader étudiant Min Ko Naing.

Win Tin, un journaliste et écrivain de premier plan âgé de 74 ans dont la libération avait été attendue n'avait pas été libéré et on ignorait s'il figurait dans cette troisième fournée.

Des diplomates avaient indiqué cette semaine à l'AFP à Rangoun s'attendreà de nouvelles libérations après le sommet mondial bouddhiste, qui s'est clos samedi dans la capitale birmane où il a réuni quelque 1.500 personnes.

Il s'agit essentiellement pour la junte de montrer qu'elle défait ce qui a été fait par le général Khin Nyunt, le Premier ministre et chef des renseignements militaires limogé brutalement le 18 octobre pour corruption alors que l'armée renforçait son emprise sur le pays.

Le NIB était l'une des branches des renseignements militaires sur lesquels Khin Nyunt --aujourd'hui en résidence surveillée -- avait assis son pouvoir.

"L'idée est de montrer que le vilain Khin Nyunt avait mis en prison des gens qui n'avaient rien à faire là", a indiqué un analyste.

Aucun détail n'a été fourni samedi sur la longueur et la nature des peines des prisonniers élargis. Mais lors des deux précédentes vagues de libérations, il s'était surtout agi de criminels de droit commun, notamment ceux qui purgeaient de courtes peines.

Ces libérations, annoncées à point nommé avant le sommet de l'Asean (Association des Nations d'Asie du Sud-Est) à Vientiane fin novembre, avaient valu à Rangoun les encouragements de ses neuf partenaires.

La libération du chef de file de l'opposition, Aung San Suu Kyi, ne semblait toutefois pas d'actualité, en dépit des appels renouvelés par l'Occidentà la levée de l'assignation du prix Nobel de la paix, arrêtée en mai 2003.

Selon l'organisation de défense des droits de l'Homme Amnesty International la Birmanie, dirigée par une junte depuis quatre décennies, détient quelque 1.350 prisonniers politiques.

Le pays compte une quarantaine de prisons et autant de camps de rééducation.