| RANGOUN (AFP) - La Birmanie a commencé à libérer
5.070 prisonniers
supplémentaires, dans le cadre d'un programme d'élargissements
qui a
commencé le mois dernier, a annoncé samedi la junte,
quelques heures après
la clôture d'un sommet bouddhiste mondial.
"Nous avons commencé à libérer à partir
d'aujourd'hui (samedi) un total de
5.070 prisonniers de différentes prisons du pays",
a précisé la junte à la
télévision publique, en faisant état "d'irrégularités" commises
dans les
arrestations par le Bureau national du renseignement, le NIB, les
services
de renseignement militaires aujourd'hui dissous.
Le mois dernier, la junte avait créé la surprise
en libérant en deux vagues
un peu plus de 9.200 personnes incarcérées dans tout
le pays.
Avec les libérations annoncées samedi, ce sont quelque
14.300 prisonniers
qui devaient être élargis. De nouvelles vagues de
libérations ne semblaient
pas exclues.
Parmi ceux libérés en novembre, seule une quarantaine
ou cinquantaine étaient des prisonniers politiques, et l'unique figure emblématique
de la
lutte prodémocratie à avoir été élargie
a été le leader étudiant Min Ko
Naing.
Win Tin, un journaliste et écrivain de premier plan âgé de
74 ans dont la
libération avait été attendue n'avait pas été libéré et
on ignorait s'il
figurait dans cette troisième fournée.
Des diplomates avaient indiqué cette semaine à l'AFP à Rangoun
s'attendreà de nouvelles libérations après le sommet mondial
bouddhiste, qui s'est clos
samedi dans la capitale birmane où il a réuni quelque
1.500 personnes.
Il s'agit essentiellement pour la junte de montrer qu'elle défait
ce qui a été fait par le général Khin Nyunt, le
Premier ministre et chef des
renseignements militaires limogé brutalement le 18 octobre
pour corruption
alors que l'armée renforçait son emprise sur le pays.
Le NIB était l'une des branches des renseignements militaires
sur lesquels
Khin Nyunt --aujourd'hui en résidence surveillée
-- avait assis son pouvoir.
"L'idée est de montrer que le vilain Khin Nyunt avait
mis en prison des gens
qui n'avaient rien à faire là", a indiqué un
analyste.
Aucun détail n'a été fourni samedi sur la
longueur et la nature des peines
des prisonniers élargis. Mais lors des deux précédentes
vagues de
libérations, il s'était surtout agi de criminels
de droit commun, notamment
ceux qui purgeaient de courtes peines.
Ces libérations, annoncées à point nommé avant
le sommet de l'Asean
(Association des Nations d'Asie du Sud-Est) à Vientiane
fin novembre,
avaient valu à Rangoun les encouragements de ses neuf partenaires.
La libération du chef de file de l'opposition, Aung San
Suu Kyi, ne semblait
toutefois pas d'actualité, en dépit des appels renouvelés
par l'Occidentà la levée de l'assignation du prix Nobel de la paix, arrêtée
en mai 2003.
Selon l'organisation de défense des droits de l'Homme Amnesty
International
la Birmanie, dirigée par une junte depuis quatre décennies,
détient quelque
1.350 prisonniers politiques.
Le pays compte une quarantaine de prisons et autant de camps de
rééducation. |