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24.10.2011

Que se passe-t-il vraiment en Birmanie? Entre prudence et espérance ...

Birmanie : la démocratisation est loin d'être achevée

par Fred Debomy, Nouvel Observateur, 21 octobre 2011

La libération, le 12 octobre, de 220 prisonniers politiques sur un total de 6359 détenus élargis, a été accueillie par certains commentateurs comme la preuve que la "perestroïka" birmane se poursuivait. Ce geste du régime birman n'a pourtant rien d'inédit : cette amnistie est dans la continuité des amnisties précédentes, à savoir la libération d’une partie des prisonniers politiques et le maintien en détention de tous les autres. Ce scénario a été reconduit maintes fois par le passé, sans qu'il s'avère jamais être le signe annonciateur du changement.

Cette répétition de l'histoire nous rappelle utilement qu'il faut rester prudent s'agissant des évolutions en cours en Birmanie : si l'espoir est permis, la démocratisation du pays est pour l'heure loin d'être achevée. Ban Ki-moon, secrétaire général des Nations unies, a donc eu raison de presser le gouvernement birman de libérer l'ensemble des prisonniers politiques dans un avenir proche.

La mise en place d'une commission nationale des droits de l'homme (qui a reconnu l'existence de "prisonniers de conscience" dans le pays) ne saurait davantage suffire à marquer le changement : il faudra d'abord la voir à l'oeuvre. L'annonce d'une levée prochaine de la censure doit quant à elle être confirmée. Pour l'heure, si le contrôle de la presse s'est assoupli, les publications birmanes sont toujours soumises au système de la censure préalable. Un changement de climat ne saurait suffire : seules les réformes structurelles comptent véritablement.

Aussi la Ligue Nationale pour la Démocratie de la principale figure de la résistance à la dictature, Aung San Suu Kyi, a-t-elle salué la loi récemment adoptée par le parlement, qui permet aux Birmans de se syndiquer et autorise le droit de grève (tout en relevant malgré tout les imperfections du texte). Mais là encore, il s'agira de juger à l'épreuve des faits : à l'adoption du texte devra s'ajouter la volonté politique de le faire respecter.

Les réformes économiques en sont, pour leur part, à leurs balbutiements : à la revalorisation des retraites des fonctionnaires s'est ajoutée l'invitation faite au Fonds Monétaire International à venir en Birmanie pour mettre fin aux approximations du système monétaire.

L'un des gestes les plus étonnants du régime demeure cependant la décision prise par le président Thein Sein de geler un projet de barrage controversé sur le fleuve Irrawaddy jusqu'en 2015,  année qui marquera la fin de son mandat. Cette annonce a surpris l'investisseur chinois China Power Investment Corp (CPI), impliqué dans le projet, et provoqué la colère de Pékin (qui, consciente de la montée du sentiment anti-chinois dans le pays, préfèrera peut-être faire preuve de modération). La preuve que Thein Sein est soucieux, comme il l'a déclaré, de "respecter la volonté du peuple"? Peut-être pas. Il a été dit que les négociations relatives au barrage avaient été conduites auprès de CPI par des membres du gouvernement sans que Thein Sein en maîtrise tous les aspects (une information que l'auteur de ces lignes ne saurait ni confirmer ni infirmer). Cette décision du président aurait donc pu être prise dans le souci de marquer son pouvoir. Le rapprochement opéré avec Aung San Suu Kyi comme les réformes entreprises pourraient faire partie de la même stratégie. En conséquence, on gagnera sans doute à ne pas penser que les intentions importent peu dès lors qu'elles permettent les réformes : on sera de cette manière moins surpris si la volonté apparente de démocratisation devait soudainement atteindre ses limites.

Enfin, les évolutions en cours doivent encore dépasser Rangoun et Nay Pyi Daw. Les attaques armées à l'encontre des civils dans les régions où vivent les minorités ethniques doivent cesser. Comme le prouvent les récents événements, les actes de torture, de viol et de travail forcé sont encore monnaie courante, notamment dans les Etats shan et kachin.

Il ne s'agit pas ici de cultiver un scepticisme de principe : Aung San Suu Kyi elle-même a mentionné les "développements positifs" en cours, précisant en même temps qu'on ne savait pas jusqu'où ils iraient. Au regard de l'opacité du régime birman, il est trop tôt pour interpréter ce qui se passe avec certitude. La prudence commande donc d'éviter deux écueils : prétendre que tout ce qui survient serait du déjà vu et faire preuve d'un enthousiasme précipité.

Texte disponible au lien suivant : http://leplus.nouvelobs.com/contribution/206714;birmanie-la-democratisation-est-loin-d-etre-achevee.html

 

23.08.2011

Crimes de guerre et crimes contre l'Humanité : Appel aux autorités belges et européennes -

Les membres du réseau européen sur la Birmanie appellent l’Union européenne à inclure l’établissement d’une commission d’enquête de l’ONU sur les crimes de guerre et crimes contre l’humanité commis en Birmanie, dans la résolution 2011 de l’Assemblée générale de l’ONU sur la Birmanie.
Depuis la tenue d’élections fantoches l’an passé en Birmanie, les violations des droits de l’homme pouvant constituer de potentiels crimes de guerre et crimes contre l’humanité ont augmenté de manière significative. Celles-ci comprennent l’utilisation du viol comme arme de guerre, le recrutement d’enfants soldats, l’utilisation croissante du travail forcé et le ciblage délibéré de civils dans les attaques armées.
La 21ème résolution de l’Assemblée générale des Nations unies sur la Birmanie est une opportunité d’entamer un processus visant à mettre un terme à l’impunité qui règne en Birmanie et de voir une réduction des violations des droits de l’homme à laquelle l’Assemblée générale de l’ONU appelle en vain depuis 20 ans.
Echouer à inclure la mise en place d’une commission d’enquête dans la résolution sur la Birmanie remettrait non seulement en question les engagements de l’UE mais encouragerait également le régime à continuer de perpétrer de graves violations des droits de l’homme.

La déclaration intégrale du Réseau Européen sur la Birmanie est reprise en pièce-jointe.

CP EBN COI AG UN 2011.pdf

23.08.2011

TOURISME EN BIRMANIE ?

Happy World - Birmanie, la dictature de l'absurde from Happy World on Vimeo.

01.07.2011

Pétition AVAAZ.org. SIGNEZ !

http://www.avaaz.org/en/stand_with_aung_san_suu_kyi/?rc=fb&pv=19

 

17.06.2011

Burma’s Political Prisoners - Joint Statement on the visit of Bo Kyi in Brussels.

JOINT STATEMENT
Burma’s Political Prisoners

On the visit of Bo Kyi, former political prisoner and Joint-Secretary of the
Assistance Association for Political Prisoners-Burma to Brussels, the above
organisations appeal to the European Union and Member States to strengthen
their call to the Burmese authorities to immediately and unconditionally:

- release all political prisoners who remain detained and tortured in Burmese
jails;

- and allow:

o the International Committee of the Red Cross (ICRC) unimpeded
access to all prisons in the country without interference from the
State authorities; and
o the UN Special Rapporteur on the human rights situation in Burma
to investigate the detention conditions in Burmese prisons.

Despite repeated calls by the international community, including the United
Nations, the EU, ASEAN and the Burmese democracy movement, the “new
government” established after the recent flawed electoral process continues to
refuse to release almost 2,000 political prisoners held in Burmese prisons.
Their immediate and unconditional release is one of the key benchmarks necessary for
genuine national reconciliation to take place.

The newly appointed president, former general Thein Sein, continues to deny the
existence of political prisoners. The prisoner “amnesty” issued by the
government on 16 May was a cosmetic manoeuvre.
By reducing sentences by one year, commuting the death penalty to life imprisonment and releasing 58
prisoners of conscience with less than a year left to serve, the amnesty had no
impact on the vast majority of political prisoners serving long and completely
unjust sentences.

As stated by Bo Kyi, “since the political prisoners have committed no crime, they
don't request an amnesty. They deserve an unconditional release, as their
detention is not based on any legal grounds."

There has been no change to imprisonment policies in the country. In late May, a
hunger strike in Insein Prison by at least 22 political prisoners, including seven
women, to demand better treatment and protection of their rights was met with
brutality. Seven of the prisoners were placed in solitary confinement and were
denied family visits.

Torture is routinely used as punishment and to force confessions in places of
detention. Authorities deliberately aggravate prison conditions and deny medical
care, causing a level of suffering amounting to torture. Since 1988, 146 political
activists have died in custody as a direct result of severe torture or from the
denial of food and medical treatment.

The conditions in prisons and the treatment of prisoners fall far short of the UN
Standard Minimum Rules for the Treatment of Prisoners and show how the
Burmese government’s acceptance of the UN’s Universal Periodic Review
recommendation for improving the conditions in all prisons and compliance with
international standards was insincere.

The systematic and widespread imprisonment, mistreatment and torture of
individuals on political grounds are defined under international law as crimes
against humanity and as such their investigation should be included in the
mandate of any future UN Commission of Inquiry into possible war crimes and
crimes against humanity.

The EU and its Member States have a vital role to play in exposing cosmetic
changes and insincere pledges by the Burmese authorities, and in supporting
international investigations into widespread State practice that could equate to
crimes against humanity.

Brussels, 17 June 2011

Burma political prisoners Brussels NGOs statement 17.06.11.pdf